Palapa Pineapple : un dôme monolithique insolite au Belize

Sur l’île de Caye Caulker, au Belize, il existe une maison que l’on ne peut pas vraiment rater. Elle se dresse près de l’eau, ronde, haute, presque drôle au premier regard, puis franchement fascinante quand on comprend sa logique. Son nom ? Palapa Pineapple. Un ananas habitable, en quelque sorte. Mais pas un décor de parc à thème. Une vraie maison, pensée, dessinée, construite avec obstination.

Présentation de Palapa Pineapple

Le Palapa Pineapple est un dôme monolithique. C’est un grand ellipsoïde allongé de 7,8 mètres de diamètre et 12,2 mètres de haut, divisé en quatre niveaux plus un patio sur le toit.

Qu’est-ce qu’un dôme monolithique : un dôme monolithique (à partir de mono- et -lithic grec, qui signifie « une pierre ») est une structure coulée sous forme d’ une seule pièce. Comme les dômes monolithiques colorés de Sedona ou les dômes monolithiques d’Italy au Texas par exemple

Le rez-de-chaussée est un espace ouvert de 47,2 m² avec quatre grandes ouvertures fermées. Un escalier incurvé mène au salon et à la cuisine de 53 m² au premier étage. Deux terrasses couvertes dépassent de l’avant et de l’arrière du premier étage. Le deuxième étage est une chambre de 26 m² ouverte sur le salon en dessous. Un bureau / loft occupe le troisième étage de 39 m². Et enfin, un bel escalier en colimaçon mène au quatrième niveau qui est une zone panoramique à 360° ouverte de 16,75 m² sur le toit.

Derrière ce dôme monolithique, il y a David et Mary Spellings. Lui avait été marqué, dans les années 1990, par le Xanadu Island Resort, autre ensemble de dômes construit au Belize. Il voulait reprendre cette idée, mais en plus simple, plus vertical, plus insulaire. Une pièce sur l’autre. Un volume resserré.

Une silhouette capable de tenir sa place entre mer, jungle et ciel caraïbe. L’article du Monolithic Dome Institute explique que le projet a vraiment pris corps après leur rencontre, leur mariage en 2012 et leur découverte d’un terrain au nord de Caye Caulker, face à la mer des Caraïbes.

Une maison qui ressemble à une lubie

Palapa Pineapple a un côté fantaisie, presque enfantin, et pourtant sa construction relève d’un procédé sérieux. Le dôme monolithique n’est pas une coque bricolée pour faire joli sur les photos. C’est une structure continue, arrondie, résistante, pensée pour abriter durablement.

La forme n’est pas celle d’un dôme classique. David Spellings explique avoir voulu « comprimer » l’idée de départ pour obtenir une maison plus étroite et plus haute, adaptée à une ambiance de plage. Le résultat ressemble à un ananas dressé sur le rivage. Pas besoin d’un panneau pour que les passants s’en souviennent. Quelques détails donnent tout son caractère à cette habitation :

  • un extérieur blanc en polyvinyle
  • des fenêtres arrondies ouvertes sur la jungle et l’océan
  • quatre niveaux intérieurs, plus une terrasse en toiture
  • des escaliers en bois qui suivent les courbes des murs
  • une échelle de bateau pour accéder au sommet

On imagine assez bien l’air salé qui traverse les ouvertures, les murs courbes qui cassent les habitudes. Dans une maison rectangulaire, l’œil sait où se poser. Ici, il doit réapprendre.

Palapa Pineapple

Construire sur une île, ce n’est jamais une ligne droite

Au départ, le terrain n’avait ni électricité ni eau courante. Les Spellings étaient prêts à vivre hors réseau, avant que l’île ne soit finalement équipée. Le Monolithic Dome Institute a travaillé avec eux sur le dessin, la formation et l’acheminement du matériel, envoyé par conteneur jusqu’au Belize. Des spécialistes sont aussi venus sur place pour guider l’équipe locale pendant les étapes délicates.

La fondation a été coulée en juin 2018. Le gros du chantier s’est poursuivi jusqu’en 2019, avec des ouvriers locaux. David Spellings a passé 230 jours au Belize cette année-là, au contact direct du chantier. Ce détail change la perception du projet. On n’est pas devant une résidence dessinée loin du terrain, puis exécutée par d’autres. Il y a eu de la sueur, des ajustements, des journées longues, probablement des outils introuvables au mauvais moment. Une maison pareille ne sort pas proprement d’un catalogue.

À l’intérieur, une verticalité presque maritime

Palapa Pineapple s’organise sur plusieurs niveaux. Cette superposition donne à la maison une allure de tour domestique. On monte, on descend. Les escaliers participent au décor, comme un phare tropical.

L’acoustique semble aussi spéciale. David raconte que les sons circulent de façon inattendue entre la chambre et la cuisine, et que l’on entend le vent passer. C’est le genre de détail qu’aucune fiche technique ne remplace. Une maison courbe ne se comporte pas comme une maison droite. Elle garde les sons, les renvoie, les transforme un peu. Cela peut surprendre. Cela peut aussi devenir une signature.

Mary Spellings souligne l’un des plaisirs les plus simples du lieu : la brise. Grâce aux nombreuses fenêtres et à la position en bord de mer, la maison est agréable sans climatisation.

Un repère local plus qu’une curiosité

Sur la partie nord de Caye Caulker, Palapa Pineapple est devenue un point de repère. David Spellings indique que c’est, à sa connaissance, le seul dôme du secteur. Les habitants, les touristes, les enfants qui passent vers le bateau, les travailleurs : beaucoup savent où se trouve cette maison-ananas.

C’est peut-être cela, le plus intéressant. Une architecture vraiment singulière ne se contente pas d’être regardée. Elle entre dans les conversations. Elle aide à donner une direction. Elle devient « la maison ronde », « l’ananas », « le dôme près de l’eau ». Et, au fond, c’est déjà beaucoup.