Les maisons rurales d’Haïti et le lakou

Traditionnellement, les familles élargies dans les régions rurales d’Haïti s’organisaient en grappes de maisons entourant une cour centrale. Cette structure organisationnelle s’appelle le lakou, un terme qui désigne également le groupe familial étendu. Le modèle lakou a ses racines dans l’héritage de la plantation d’Haïti. En tant que pays sortant de l’esclavage, Haïti a adopté le lakou comme un moyen de se protéger contre le retour de la plantation. Le lakou est devenu une opposition de base à toute action de l’État tendant à rétablir l’ordre de la plantation. Existant entièrement en dehors de l’état, le lakou est devenu ce que Gérard Barthélemy appelait « un système égalitaire sans État ».

Un deuxième facteur important pour le développement du lakou a été la montée du vaudou en Haïti. Après l’indépendance de Haïti en 1804, elle a fait face à 56 ans de négligence de la part de l’Église catholique. Dans ce vide, le vaudou (enraciné dans les traditions de l’Afrique de l’Ouest) a prospéré. L’absence de l’Église tout au début des années 1800 a permis à d’autres traditions de l’Afrique de l’Ouest, telles que le complexe familial, de se développer. Cette structure composée familiale, intimement liée à la pratique du vaudou, est devenue la base du système lakou.

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En créole haïtien, le lakou désigne l’espace commun à plusieurs maisons voisines dans lesquelles résident les membres d’une même famille, regroupés autour de la maison du patriarche. Le nom lakou vient de “la cour”. C’est un espace utilisé par tous, dans lequel se trouvent les lieux de la vie quotidienne tels que la cuisine, la latrine, le tombeau des ancêtres ou encore le temple dédié au loa (esprit vaudou) de la famille. Le lakou peut prendre des formes différentes selon que l’on se trouve dans une zone rurale très isolée ou à proximité d’une ville. Aujourd’hui, avec l’éclatement familial et le morcellement des terres, le lakou traditionnel tend à disparaitre pour laisser la place à de petites parcelles contenant une seule maison individuelle.

Les maisons rurales de ces lakous sont construites avec une structure poteaux/poutres en bois. Le bwa plé (colubrina arborescens) est l’essence la plus couramment utilisée pour la construction dans les zones rurales montagneuses. Il s’agit d’un bois très dur, naturellement résistant aux attaques des
termites et champignons. Les branches sont utilisées pour la confection de poteaux et poutres de section 3’x3’ à 4’x4’, tandis que le tronc est débité en planches. Plus d’informations avec ce PDF.

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Sources et crédits photos : lincs-asso.com, sites.duke.edu,

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