Garden District est un quartier de la Nouvelle-Orléans où se trouvent de superbes maisons et manoirs historiques : voici notre top cinq. Contrairement à de nombreuses villes où une visite des maisons historiques implique de monter dans un bus ou de faire un long trajet en voiture, le Garden District de la Nouvelle-Orléans est accessible, compact et facilement accessible à pied.
Le quartier historique de la Nouvelle-Orléans est également très facilement accessible via le tramway Saint Charles. La zone est idéale pour être appréciée à pied afin de pouvoir s’arrêter et admirer les exemples exquis de l’architecture par excellence de la Nouvelle-Orléans : un ensemble de colonnes blanches, les volutes d’une clôture en fonte ou une galerie romantique de style Roméo et Juliette.
Bordé par Magazine Street et Saint Charles, Toledano et First, ce quartier du centre-ville, comme une grande partie de la ville, a commencé comme une plantation qui a été divisée et vendue en lots. Développé entre 1840 et 1870, le Garden District offrait des maisons et des jardins luxueux à l’élite marchande montante, un contraste avec les maisons de ville et les cours empilées du Vieux Carré français et espagnol. Cette nouvelle section, alors à la périphérie de la ville, était considérée comme américaine, anglophone, et se voulait un refuge sain et verdoyant face à une ville de plus en plus peuplée.
Le Garden District est le quartier le plus prestigieux de la ville, la plupart des maisons ont des étiquettes de prix pouvant atteindre plusieurs millions. Il est inscrit au registre national des lieux historiques; il abrite aussi le cimetière Lafayette, un endroit idéal pour photographier des tombes âgées et des statues d’anges, ainsi que l’un des plus célèbres restaurants de la ville à trois cocktails, le Commander’s Palace.
1. Walter Grinnan Robinson House – 1415 Third Street
Construite en 1859 au 1415 Third Street, la Walter Grinnan Robinson House est l’une des demeures les plus emblématiques de la Nouvelle-Orléans. Conçue par Henry Howard, figure majeure de l’architecture locale du XIXᵉ siècle, cette maison illustre l’élégance des grandes résidences urbaines de l’époque. Le manoir principal s’accompagne de quartiers de serviteurs distincts et d’une écurie, formant un ensemble qui témoigne de l’organisation sociale et domestique des grandes propriétés du Sud.
L’ensemble a fait l’objet d’une rénovation d’envergure, menée dans le respect de son caractère historique en intégrant des standards de confort modernes. Ce bien rare se distingue autant par son architecture que par son art de vivre : vastes volumes, étages nobles propices à la réception, et cette atmosphère feutrée qui invite à imaginer des moments suspendus, verre de champagne à la main. Proposée à environ 9,5 millions de dollars, la Walter Grinnan Robinson House s’adresse à des acquéreurs en quête d’un patrimoine d’exception, au cœur de l’une des villes les plus singulières des États-Unis.
2. Payne-Strachan House – 1134 First Street
Édifiée en 1849 au 1134 First Street, la Payne-Strachan House est un bel exemple d’architecture Greek Revival, un style alors très en vogue à la Nouvelle-Orléans, reconnaissable à ses proportions équilibrées, ses lignes sobres et son vocabulaire classique inspiré de l’Antiquité. Implantée dans le Garden District, cette demeure se distingue par une façade solennelle et une présence urbaine affirmée, typique des grandes résidences construites pour une élite cultivée et fortunée du milieu du XIXᵉ siècle.
La maison est également chargée d’une forte dimension historique. C’est ici que Jefferson Davis, président des États confédérés d’Amérique, est décédé alors qu’il rendait visite à un ami. Cet événement est aujourd’hui rappelé par une plaque discrète fixée sur la clôture en fer, transformant la demeure en lieu de mémoire autant qu’en objet architectural. À travers cette double lecture (esthétique et historique) la Payne-Strachan House incarne pleinement la manière dont certaines maisons de la Nouvelle-Orléans dépassent leur simple fonction résidentielle pour devenir de véritables témoins du passé.
3. Brevard House – Maison d’Anne Rice
Construite en 1857, la Brevard House se distingue par une composition architecturale raffinée mêlant renouveau italianisant et influences grecques, un dialogue stylistique relativement rare à la Nouvelle-Orléans. La façade affirme cette hybridation avec élégance : des colonnes ioniques structurent le premier niveau, tandis que des colonnes corinthiennes, plus ornées, rythment le second étage. Ce jeu de registres superposés confère à la demeure historique une verticalité noble et une présence presque théâtrale, typique des grandes habitations bourgeoises de la seconde moitié du XIXᵉ siècle.
La maison est aussi connue pour avoir été l’une des résidences d’Anne Rice, figure de la littérature gothique contemporaine, dont l’univers romanesque s’accorde étonnamment bien à l’atmosphère du lieu. Les jardins prolongent l’architecture vers l’extérieur, adoucissent la monumentalité de la façade et créent un écrin végétal propice à la contemplation. Entre sophistication architecturale et cadre paysager, la Brevard House incarne une vision très aboutie de l’art de vivre à la Nouvelle-Orléans au XIXᵉ siècle.
4. Joseph Carroll House – 1315 First Street
Édifiée en 1869 au 1315 First Street, la Joseph Carroll House est un chef-d’œuvre de l’architecture italianisante dans le Garden District. La demeure est conçue par Samuel Jamison pour Joseph Carroll, marchand de coton originaire de Virginie, et se distingue par une composition ambitieuse et savamment orchestrée. Le corps principal, flanqué de ailes octogonales, confère à l’ensemble une silhouette complexe et élégante, rare dans l’architecture résidentielle de la Nouvelle-Orléans. Les volumes, bien proportionnés, traduisent l’aisance économique et les ambitions sociales de son commanditaire.
L’ornementation joue ici un rôle central, notamment à travers les galeries en fonte, d’une grande finesse, réalisées par Jacob Baumiller. Ces éléments décoratifs, fonctionnels et expressifs, participent pleinement à l’identité de la maison et illustrent le savoir-faire local dans le travail du métal au XIXᵉ siècle. Chargée d’anecdotes, la demeure est également entrée dans la petite histoire culturelle de la ville : Mark Twain y aurait fait la fête en 1886. Entre sophistication architecturale, virtuosité décorative et vie mondaine, la Joseph Carroll House incarne toute la richesse et l’exubérance du Garden District à son apogée.
5. Bradish Johnson House – 2343, rue Prytania
Édifiée en 1872 au 2343, rue Prytania, la Bradish Johnson House incarne avec force l’imaginaire de l’élégance sudiste de l’ère de la Reconstruction. Sa façade rythmée par de grandes colonnes blanches, son gabarit imposant et sa mise en scène urbaine soignée correspondent parfaitement à l’idée que l’on se fait des demeures de prestige du Sud après la guerre de Sécession. Conçue par l’architecte Lewis E. Reynolds, la maison affirme un goût marqué pour le style Second Empire français, alors très en vogue, reconnaissable à ses volumes hiérarchisés et à son allure résolument monumentale.
Au fil du temps, la demeure a connu une reconversion emblématique : elle abrite aujourd’hui l’McGehee School for Girls, institution éducative réputée de la Nouvelle-Orléans. Ce changement d’usage n’a en rien effacé le caractère architectural du bâtiment, bien au contraire. La maison conserve cette impression de privilège et de raffinement associée aux grandes propriétés de la fin du XIXᵉ siècle, tout en illustrant la capacité du patrimoine bâti à s’adapter à de nouvelles fonctions sans renier son identité historique.