Les maisons en terre de Gaoui

À une dizaine de kilomètres de N’Djamena, le village de Gaoui conserve un patrimoine rare : des maisons en terre aux façades décorées de motifs ocres et blancs, héritage de la civilisation Sao. Ancienne capitale de ce peuple mystérieux, Gaoui est aujourd’hui autant reconnu pour son architecture traditionnelle que pour son artisanat de poterie. Au cœur du village, l’ancien palais du sultan, restauré dans les années 1990, rappelle la puissance passée des lieux. Entre mémoire des ancêtres, croyances et savoir-faire transmis par les femmes, le village de Gaoui est un témoin précieux de l’histoire et de la culture du Tchad.

Le palais de terre de Gaoui

Gaoui est un village du Tchad situé à 10km au nord-est de N’Djamena. Il aurait été la capitale de la civilisation Sao et est maintenant connu pour son architecture traditionnelle et la fabrication de poterie. Le village abrite également un musée : le palais ci-dessous était la résidence du Sultan de Gaoui; construit à la fin du 19ème siècle, c’est peut-être un des plus anciens bâtiments existant au Tchad. Il a été rénové dans les années 90 par la Communauté européenne, et on peut aujourd’hui le visiter, le Sultan s’étant installé à une centaine de mètres dans un nouveau palais plus moderne et plus grand.

Les murs sont en terre sèche et sont ornés de peintures ocres et blanches. Le palais comprend quatre pièces : trois pour les épouses et une pour le Sultan, qui pouvait aussi lui servir de salle d’apparât. Dans la cour, la case ci-dessous était destinée à accueillir une belle-mère du Roi, non loin des toilettes.

case en terre à gaoui

Les maisons du village

Le village de Gaoui est habité par les Kotoko, un peuple de pêcheurs répartis le long du fleuve, jusqu’au lac. Les Kotoko sont un peuple implanté depuis la nuit des temps au bord du Chari.

Aujourd’hui encore, les Kotoko sont redoutés comme magiciens. On dit qu’ils sont les descendants des Saos, géants légendaires qui peuplaient la région du Lac dans l’antiquité. Ici, les décors picturaux, réalisés par les femmes sur les façades des maisons en début de saison sèche, disparaissent progressivement face à l’urbanisation. Heureusement, les poteries sont toujours là, et le musée communautaire aussi.

Sources et crédits photos : josephescu, Hervé Cheuzeville, Chuck Moravec.

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