Les maisons à Accra : entre climat, modernité et héritages locaux

Accra est la capitale du Ghana depuis 1877, et la ville est devenue une métropole moderne par rapport au reste du Ghana aujourd’hui. L’environnement de construction dans la ville se caractérise par une société complexe qui se compose de différentes classes économiques et sociales.

Histoire d’une ville en plein essor

À l’origine, le Ghana était constitué de tribus et de groupes ethniques différents. Leur architecture traditionnelle était influencée par des facteurs tels que les matériaux disponibles et les limitations technologiques, les relations économiques et sociales au sein de la communauté et les croyances religieuses. Mais au cours des dernières décennies, il y a eu une énorme migration vers les villes et surtout vers la capitale Accra, qui augmente en population de 4,4% chaque année et qui tend vers une architecture européenne. Une urbanisation rapide comme celle-ci conduit à une pauvreté accrue.

Les niveaux de revenu moyens au Ghana ont beaucoup augmenté ces dernières années, et ils ont augmenté de 40% entre 1996 et 2008. Mais beaucoup de gens ont encore du mal à trouver un endroit où vivre. L’une des principales raisons est que la valeur de la terre a augmenté, de sorte que seules les classes moyennes et supérieures peuvent se permettre d’acheter des terres dans les villes pour construire.

Cela rend les conditions encore pires pour les communautés pauvres, et spécialement pour ceux qui migrent de la campagne, sans emploi ni revenu stable. De cette façon, les maisons à Accra sont donc caractérisées par le capital et le niveau de revenu, mais aussi par les mauvaises conditions des gens qui ne peuvent pas se permettre ces biens matériels, et certains vivent encore dans des bidonvilles illégaux.

Contrairement aux maisons traditionnelles du Ghana, les habitations actuelles à Accra s’inscrivent dans une dynamique urbaine marquée par la modernisation, la densification et la diversité des modes de vie. L’essor de la capitale a favorisé l’émergence de maisons individuelles contemporaines, de résidences sécurisées et d’immeubles collectifs, reflétant les aspirations d’une population en pleine croissance.

quartier de maisons à Accra

Typologies et organisation des maisons

Les constructions individuelles sont majoritaires dans de nombreux quartiers résidentiels, notamment à East Legon, Cantonments ou Labone. Ces habitations s’élèvent en général sur un ou deux niveaux et disposent d’un jardin privatif ou d’une cour. La maison urbaine type se compose d’un séjour spacieux, de trois à cinq chambres avec salles de bains attenantes, d’une cuisine moderne, parfois séparée d’une cuisine extérieure dédiée aux préparations plus traditionnelles. Les espaces sont conçus pour une vie familiale et sociale intense, souvent prolongés par une terrasse couverte ou une véranda.

Dans les zones plus densément peuplées, les logements collectifs gagnent du terrain : immeubles d’appartements, résidences sécurisées, copropriétés fermées. Ces ensembles misent sur la sécurité, la qualité des finitions et la présence d’espaces communs (piscine, salle de sport, aire de jeux).

Adaptation au climat et confort

Accra connaît un climat chaud et humide une grande partie de l’année. Pour répondre à cette contrainte, l’agencement privilégie la ventilation transversale : grandes ouvertures, patios, brise-soleil et auvents participent à rafraîchir les intérieurs. La climatisation est devenue quasi incontournable dans les logements récents, notamment dans les chambres et les séjours. De plus en plus, les projets neufs intègrent des dispositifs d’économie d’énergie : panneaux et chauffe-eau solaires, récupération des eaux.

Les maisons modernes de la capitale ghanéenne font une large place à la lumière naturelle, avec des verrières, des puits de lumière ou des baies vitrées donnant sur des jardins clos.

maison avec jardin à Accra

Matériaux et techniques de construction

Le béton armé, le parpaing et l’acier forment la base des constructions actuelles dans la ville d’Accra. Ce choix structurel garantit une bonne résistance aux intempéries, une solidité appréciée dans un contexte d’urbanisation dense et de normes sismiques croissantes. La toiture en tôle ondulée, peinte ou galvanisée, est omniprésente : elle résiste très bien à la pluie, même si son comportement thermique nécessite la pose d’isolants et de faux plafonds pour limiter la surchauffe intérieure.

Les ouvertures sont souvent équipées de baies vitrées ou de fenêtres à jalousie, qui favorisent l’éclairage naturel et la ventilation. Dans les maisons haut de gamme, les menuiseries en aluminium ou en PVC assurent une bonne étanchéité tout en modernisant l’esthétique des façades.

Esthétique et influences architecturales

L’inspiration contemporaine se traduit par des lignes épurées, l’usage de couleurs claires, parfois ponctuées de parements en pierre ou en bois. Les clôtures sont élevées et les portails métalliques automatisés traduisent le souci de sécurité et d’intimité des habitants.

On observe également un retour ponctuel à certains codes vernaculaires, comme l’utilisation de claustras, de murs ajourés ou de patios centraux, qui améliorent la ventilation et favorisent les liens familiaux.

maison à Accra

Les bidonvilles : entre précarité et changement

À Accra, les bidonvilles comme Agbogbloshie ou Old Fadama abritent une population nombreuse dans des habitats précaires, faits de tôles, de bois ou de matériaux de récupération. Ces quartiers se caractérisent par une forte densité, l’absence d’infrastructures formelles et des conditions de vie très difficiles, avec un accès limité à l’eau potable, à l’électricité et à l’assainissement.

L’organisation urbaine repose sur l’autoconstruction : les habitations s’alignent le long de ruelles étroites, sans planification ni services publics adaptés. Malgré ces contraintes, la solidarité communautaire et la débrouillardise favorisent l’entraide au quotidien. Face à l’ampleur du phénomène, des initiatives publiques et associatives locales visent à améliorer l’habitat et à introduire des équipements collectifs, même si la transformation durable de ces quartiers reste un défi majeur pour la ville.

Nouvelles tendances et enjeux urbains

Face à la pression foncière, la densification progresse : les immeubles collectifs, dotés d’ascenseurs et de parkings souterrains, se multiplient dans les quartiers prisés. Parallèlement, l’architecture durable s’impose progressivement, portée par une nouvelle génération de promoteurs.

Les projets s’orientent vers l’efficacité énergétique, la limitation de l’empreinte carbone et l’adaptation aux défis climatiques, tout en répondant aux exigences de confort d’une population urbaine en pleine croissance. L’habitat dans la ville d’Accra au Ghana illustre la dynamique d’une ville africaine moderne : attachée à ses racines, mais résolument tournée vers l’innovation et la qualité de vie.

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