La maison traditionnelle Haoussa

L’architecture Haoussa se compose de structures d’un à deux étages en adobe. La vie privée dans l’architecture Haoussa est primordiale. Les maisons sont construites à l’intérieur d’un grand mur qui fournit intimité et sécurité à ses habitants. En dehors de l’entrée, les ouvertures du côté de la rue sont inexistantes ou sont très petites en taille et en nombre. La maison traditionnelle Haoussa est riche en termes d’innovation structurelle et d’expression (en particulier à l’intérieur), et ses façades sont très expressives. Ces dernières peuvent être très complexes, en soulignant l’entrée et le mur qui l’entoure. Ces décorations sont spécialement commandées par le chef de ménage pour transmettre un message. La conception est laissée aux artisans, mais le propriétaire est motivé par le désir d’exprimer un message social, religieux, économique ou même politique à sa communauté. Par exemple, plus une personne est fortunée, plus l’entrée de sa maison sera grandiose. De la même façon, les murs de l’enceinte de la rue sont moulés et décorés pour ceux qui ont les moyens de commander de tels travaux. Plus la décoration est complexe, plus le ménage est riche. La décoration de façade est donc un dispositif utilisé principalement par l’élite de la société Haoussa.

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Traditionnellement, les décorations de façade de la maison Haoussa sont réalisées en moulant de l’argile épais sur la finition d’argile des murs d’adobe. Les conceptions sont compliquées et demandent beaucoup de temps et d’habileté pour les réaliser. Leur exécution est faite par des constructeurs hautement qualifiés. C’est une entreprise vraiment artistique. Les projets de construction de colonisation et de post-colonisation ont introduit le ciment dans l’environnement bâti, ce qui a créé de nouvelles motivations pour le plâtrage de la maison traditionnelle Haoussa. Lorsqu’il est utilisé comme revêtement externe, le ciment fournit une étanchéité pour les murs en adobe pendant la saison des pluies. Cette nouvelle méthode de plâtrage et de décoration peut se faire beaucoup plus rapidement que ce qui était fait traditionnellement et a donné naissance à des spécialistes dans la région. Le plâtrage est devenu une tâche distincte dans le processus de construction, qui n’a pas nécessairement intervenir à la création de l’immeuble, mais qui peut être appliqué plus tard. Le « mai shafe » ou plâtrier est devenu une nouvelle figure dans l’environnement du bâtiment et offre ses services indépendamment des délais de construction.

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Une des conséquences de la nouvelle technique de façade utilisant le ciment, c’est que cela a fourni un accès plus large à ces décorations pour les gens de classe inférieure. C’est finalement moins coûteux, car les gens économisent de l’argent sur les réparations annuelles de dommages causés par l’eau, et permet avec certains moyens d’apporter des améliorations à sa maison, d’exprimer un niveau de statut et de satisfaction en vivant dans une maison plus attrayante. Malheureusement, le ciment est également incompatible avec l’adobe, ce qui fait que le plâtre se décolle du mur, et la réparation des façades ensuite n’est pas aussi facile qu’avec de l’argile.

Depuis les années 1970, les maisons Haoussa traditionnelles décorées dans des villes comme Zinder (au Niger) ou Zaria, Kaduna, Kano (au Nigeria) deviennent une chose du passé. Comme c’est le cas partout ailleurs en Afrique, les maisons en ciment avec garage et air conditionné sont considérés comme le nouveau symbole de statut. Il est intéressant de noter cependant que dans une quête pour réaffirmer ce sentiment de statut, les murs décorés font un retour dans des villes comme Niamey, capitale du Niger. Il serait intéressant de voir jusqu’à quel point ira une telle réappropriation et si elle parvient à relancer (et peut-être même à réinventer) cette expression de construction traditionnelle à long terme.

Sources et crédits photos : ateliermasomi.com, Roland, Mariam Kamara, nairaland.

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