Un insaka est une structure qui, dans la pensée occidentale, ressemble à un belvédère. En Zambie, ces structures jouent un rôle important dans la vie sociale du village et dans la préparation des repas.
Les deux fonctions principales des insakas en Zambie sont la socialisation et la cuisine. Insaka est un mot bemba qui signifie « lieu de rassemblement ». Il est dérivé du verbe isa « se rassembler ».
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Signification et valeur culturelle de l’insaka
Insaka est un terme utilisé dans plusieurs langues et dialectes zambiens pour désigner « un lieu de rassemblement ou de rencontre ». Un insaka est généralement un espace ouvert et de forme circulaire sans portes. L’insaka joue un rôle social important dans la vie traditionnelle du village.
Les anciens de la communauté se réunissent à l’insaka pour délibérer sur des questions d’intérêt communautaire ainsi que pour résoudre des problèmes affectant la communauté. L’insaka est aussi utilisé comme un lieu où les anciens de la communauté peuvent simplement socialiser, fraterniser et prendre un verre ensemble, favorisant ainsi des liens forts et une camaraderie au sein de la communauté.
L’insaka que vous pouvez voir ci-dessous, possède des sièges à l’extérieur pour que les invités puissent s’asseoir. Le plâtre de couleur grise est fabriqué à partir d’un mélange d’argile Dambo et d’eau, la variation de couleur est créée en ajoutant des cendres brûlées au mélange. Les petites fenêtres gardent l’espace frais en été et peuvent être fermées pour minimiser les pertes de chaleur en hiver.

Culturellement, c’est très important !
Un « insaka de cuisine » est une petite hutte dans laquelle on entretient un feu. Les femmes se socialisent autour de ce noyau d’activité. Les hommes se socialisent dans l’insaka social qui est plus public, où l’on salue un visiteur. Les hommes et les femmes ont des espaces sociaux différents.
Traditionnellement, les gens se rassemblaient sous un arbre. L’arbre délimitait naturellement un espace et offrait une protection contre le soleil et la pluie. Un insaka est maintenant un espace fermé, destiné à protéger des éléments tout en permettant de travailler ou de socialiser.
Les insakas sont construits dans toutes les formes et toutes les tailles. Les structures offrent une protection contre les éléments, principalement le vent, mais aussi la pluie et le soleil.

L’insaka social
Lorsqu’un visiteur arrive pour la première fois dans une ferme ou un village rural de Zambie, il est de coutume d’attendre l’hôte à l’insaka social. Les insakas sociaux servent de pièces pour :
- Réunions
- Salutations
- Rassemblements
- Boire/Manger
Les insakas sont souvent placés sur de petites collines. Ces collines sont en fait des termitières ou des fourmilières inoccupées. Le sol est stable et permet de profiter d’une bonne vue et d’une bonne brise. Le fait qu’il soit plus élevé ajoute également à son importance.
Les villages ont parfois un insaka principal. Il offre un espace pour les réunions publiques et les décisions. Cet insaka principal peut être plus grand que les autres dans les fermes individuelles, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Espaces de repos : les principaux espaces de repos des insakas zambiens sont les murs ou des sièges intégrés, comme un banc en brique par exemple.

L’insaka de cuisine
Une ferme typique d’un village n’aura pas de cuisine dans la maison principale, mais plutôt un espace extérieur désigné. La ou les structures sont le cœur de la cuisine, les espaces extérieurs étant utilisés.
Le but est d’allumer un feu et d’être protégé de la pluie et du vent. Cet espace est le cadre social des femmes. Les filles aident les mères à aller chercher de l’eau, du bois de chauffage, à préparer l’inshima.
La quantité d’enceinte pour les insakas est une question culturelle. Pour beaucoup, c’est la façon dont les choses ont été faites et c’est ainsi que cela se poursuit. La disponibilité des matériaux joue également un rôle dans ce fait. La quantité d’enceinte est également déterminée par des facteurs climatiques, certaines zones peuvent être très venteuses et un mur est nécessaire pour se protéger du vent. La zone de feu et de travail est protégée du vent et de la pluie, ce qui permet au feu de brûler. Voici les types :
- Ouvert : un mur (en briques ou en poteaux et en boue) est construit à une hauteur de 1,3 m. Cela offre également une protection suffisante contre le vent. Les poteaux servent à soutenir un toit de chaume. Protection contre la pluie et le soleil, mais pas contre le vent. L’abri le plus basique.
- Semi-ouvert : un mur (en briques ou en poteaux et en boue) est construit à une hauteur de 1,3 m. Cela offre également une protection suffisante contre le vent.
- Clos : un mur est construit à une hauteur où il rencontre la structure du toit, fermant ainsi complètement l’espace. De petites ouvertures sont prévues pour permettre la ventilation.
Des poteaux sont posés sur le dessus de la structure. Des planches sont également ajoutées si elles sont disponibles. Cela crée une sorte d’étagère sur laquelle sont stockés les ustensiles et les produits secs. L’écorce des poteaux est retirée et traitée avec de l’huile de moteur usagée pour empêcher les fourmis, les souris, les rats et les termites de grimper ou de manger la structure.


Construction d’un insaka
- Une fondation peu profonde est creusée et des briques cuites (ou des poteaux et de la boue) sont construites à une hauteur d’environ 1 mètre.
- Les poteaux sont placés dans le sol à environ 0,5 mètre de profondeur. Il est également courant que les poteaux soient placés avant la construction des murs. Les poteaux sont soit encastrés dans les murs, soit simplement posés à l’extérieur de ceux-ci.
- Une fois les poteaux construits pour la structure du toit, du chaume est ajouté par-dessus.
Poteaux et murs :les poteaux de support d’un insaka peuvent être soit encastrés dans les murs avec des briques enduites avec eux, soit placés juste à l’extérieur des murs.
Source : https://www.zambiaarchitecture.com/Types/insakas/type1.htm