Une bonne averse peut représenter plusieurs centaines de litres d’eau tombés gratuitement sur votre toiture. Sans dispositif de récupération, cette réserve file dans les gouttières puis disparaît dans le réseau d’évacuation ou dans le sol. Installer une citerne d’eau de pluie change complètement la façon dont vous gérez l’arrosage du jardin.
Encore faut-il choisir le bon modèle. Une cuve gigantesque n’a guère d’intérêt si votre toiture ne peut pas la remplir. À l’inverse, un petit réservoir de quelques centaines de litres risque de se retrouver vide dès les premières journées chaudes si vous entretenez une grande pelouse, des massifs et un potager.
Volume, type de cuve, place disponible, quantité de pluie récupérable, pompe, filtre, raccordement aux gouttières : prenez chaque paramètre dans le bon ordre. Vous éviterez ainsi la citerne choisie au hasard parce qu’elle « avait l’air assez grande », une méthode de calcul qui manque légèrement de précision.
L’essentiel
- Calculez d’abord la quantité d’eau que votre toiture peut collecter.
- Adaptez le volume de stockage aux besoins réels de votre jardin.
- Choisissez entre citerne hors sol, enterrée ou souple selon votre terrain.
- Prévoyez une filtration avant l’entrée dans la cuve.
- Placez la citerne aussi près que possible de la descente de gouttière.
- Vérifiez l’accès pour l’entretien et le nettoyage.
- Ajoutez une pompe si l’arrosage nécessite une pression suffisante.
- Prévoyez toujours l’évacuation du trop-plein.
Calculez l’eau que votre toiture peut fournir
Avant de comparer les capacités des citernes, observez votre toit. La quantité d’eau récupérable dépend principalement de sa surface utile et de la pluviométrie de votre région.
Le calcul de départ est assez simple : 1 mm de pluie sur 1 m² de toiture représente théoriquement 1 litre d’eau. Une toiture de 100 m² recevant une pluie de 10 mm intercepte donc environ 1 000 litres.
Dans la réalité, vous récupérerez un peu moins. Une partie de l’eau mouille le toit, une autre peut être perdue dans les gouttières, le filtre ou le trop-plein. Le matériau de couverture joue également un rôle dans le rendement de collecte.
Prenons une maison dont 80 m² de toiture alimentent la citerne. Avec 700 mm de précipitations annuelles, le potentiel théorique atteint :
80 × 700 = 56 000 litres par an.
Ce chiffre ne signifie évidemment pas qu’une cuve de 56 000 litres vous attend dans le jardin. Il indique seulement la quantité maximale théorique reçue au cours d’une année. Votre citerne se vide au fil des arrosages et se remplit de nouveau lorsqu’il pleut.
Dans une région où les précipitations sont bien réparties, vous pouvez fonctionner avec une capacité de stockage moins généreuse que dans un secteur soumis à plusieurs semaines sèches consécutives.
Évaluez ensuite vos besoins d’arrosage
Le toit vous indique ce que vous pouvez récupérer. Votre jardin vous dit ce que vous allez consommer.
Un balcon garni de quelques jardinières n’a rien à voir avec un terrain de 1 500 m² comprenant pelouse, haies, arbres fruitiers, serre et légumes. Avant de choisir votre cuve, dressez donc l’inventaire des zones que vous arrosez réellement.
Prenez en compte :
- la surface du potager ;
- le nombre de massifs fleuris ;
- les jeunes arbres qui nécessitent des apports réguliers ;
- les plantes en pots ;
- la serre éventuelle ;
- les périodes sèches habituelles dans votre région ;
- votre méthode d’arrosage ;
- la présence ou non d’un système goutte-à-goutte.
Une personne qui arrose manuellement quelques massifs peut se satisfaire d’une réserve assez compacte. Pour un grand jardin équipé d’un réseau d’irrigation, dirigez-vous plutôt vers plusieurs milliers de litres.
Ne cherchez toutefois pas à stocker absolument toute la pluie de l’année. Le but consiste à disposer d’une réserve adaptée entre deux épisodes pluvieux, et non à transformer votre terrain en centre de stockage hydraulique.
Citerne souple, hors sol ou enterrée : trois approches très différentes
La configuration de votre propriété éliminera parfois d’elle-même certaines options.
La cuve hors sol demeure la plus simple. Installez-la près d’une descente de gouttière sur une base plane et stable. Elle convient bien aux besoins limités et ne réclame aucun terrassement. Son principal défaut tient à son encombrement visuel et à sa capacité généralement moins généreuse.
La citerne enterrée répond mieux aux gros volumes. Elle libère la surface du jardin et l’eau stockée bénéficie d’une température plus stable, à l’abri de la lumière. En contrepartie, préparez un chantier comprenant excavation, lit de pose, raccordements et remblaiement réalisés selon les caractéristiques du réservoir et du terrain.
Une troisième voie mérite votre attention lorsque vous disposez d’un vide sanitaire, d’un espace sous une terrasse ou d’une zone difficile à exploiter : la cuve flexible. Les avantages d’une citerne souple tiennent notamment à son faible encombrement lorsqu’elle est vide, à son installation sans gros terrassement dans certaines configurations et aux nombreux volumes proposés. Vérifiez cependant soigneusement la qualité du support : aucun objet pointu ne doit pouvoir endommager la toile.
Quel volume de citerne choisir ?
Il serait tentant de répondre avec une règle du genre « 3 000 litres pour telle maison, 5 000 litres pour telle autre ». La réalité aime compliquer les choses.
Deux maisons possédant exactement la même toiture peuvent avoir des besoins opposés. L’une se situe dans une région régulièrement arrosée et possède 100 m² de gazon. L’autre subit de longs étés secs et comporte un vaste potager.
Utilisez plutôt ces ordres de grandeur comme point de départ :
| Configuration du jardin | Capacité à envisager |
|---|---|
| Quelques pots et petits massifs | 300 à 1 000 L |
| Jardin urbain ou petite parcelle | 1 000 à 2 000 L |
| Jardin moyen avec massifs et potager | 2 000 à 5 000 L |
| Grand jardin avec besoins réguliers | 5 000 à 10 000 L |
| Grande propriété ou forte autonomie recherchée | 10 000 L et plus |
Ces valeurs servent de repères, pas de verdict automatique. Croisez-les avec votre pluviométrie, la taille du toit et la durée habituelle des périodes sans pluie.
Mieux vaut généralement une cuve correctement dimensionnée qui se renouvelle plusieurs fois au cours de l’année qu’un réservoir énorme presque jamais rempli.
Choisissez la forme selon l’espace disponible
Deux citernes affichant une capacité identique peuvent avoir des dimensions très différentes.
Les modèles cylindriques horizontaux occupent davantage de surface au sol, mais leur hauteur peut faciliter certaines poses enterrées. Les citernes verticales réduisent leur emprise au sol et réclament davantage de profondeur.
Il existe également des réservoirs extra-plats conçus pour limiter l’excavation. Ils présentent un intérêt lorsque creuser profondément serait compliqué en raison du terrain, de la roche ou de certaines contraintes autour de la maison.
Avant de commander, contrôlez donc les dimensions extérieures exactes, et pas seulement le nombre de litres inscrit sur la fiche produit. Vous trouverez par exemple différentes capacités et géométries de citernes sur https://www.superplastic.be/fr/citerne-eau-de-pluie, des modèles compacts aux grandes cuves enterrées.
Pour une installation sous terre, tenez aussi compte de l’espace nécessaire autour du réservoir pendant la pose. Une cuve de 2 mètres de large ne signifie pas qu’une excavation de 2 mètres suffira.
Regardez de près le matériau de la cuve
Pour le jardin, le polyéthylène est très répandu. Léger par rapport au béton, insensible à la corrosion et disponible dans de nombreuses formes, il se prête bien aux cuves enterrées comme aux réservoirs hors sol.
Le béton possède davantage de masse et réclame souvent du matériel de levage pour la pose. Il trouve surtout sa place dans les installations enterrées de grande capacité.
Les citernes souples utilisent quant à elles des membranes techniques résistantes destinées au stockage. Leur installation diffère totalement de celle d’un réservoir rigide : préparez une surface parfaitement propre, régulière et adaptée au poids final de l’eau.
N’oubliez jamais ce dernier point. Mille litres d’eau pèsent environ une tonne. Une cuve de 5 000 litres pleine représente donc près de cinq tonnes d’eau. Le petit coin de terrasse posé sur quelques dalles bancales mérite peut-être une autre mission.
Ne négligez pas la filtration avant la citerne
Votre toiture recueille de l’eau, mais également des feuilles, poussières, brindilles, insectes et autres petits voyageurs tombés du ciel ou des arbres voisins.
Placez donc un dispositif de filtration en amont du stockage. Un filtre correctement choisi limite l’arrivée de débris dans la citerne et réduit l’accumulation de dépôts au fond.
Nettoyez également les gouttières périodiquement. Un système sophistiqué branché derrière une gouttière pleine de feuilles n’accomplit pas de miracle.
Une entrée d’eau conçue pour éviter de remuer constamment les dépôts au fond de la cuve présente aussi un réel intérêt. Pour une citerne enterrée, prévoyez un accès suffisamment large afin de pouvoir contrôler l’intérieur et intervenir lorsqu’un entretien s’impose.
Le réservoir doit être fermé. Vous limitez ainsi l’entrée de débris, la lumière favorisant la croissance des algues et l’accès aux animaux.
Pensez au trop-plein dès l’installation
Une citerne finit tôt ou tard par être pleine. Et la pluie, peu impressionnée par ce détail, continue parfois à tomber.
Prévoyez donc un trop-plein correctement dimensionné et raccordé à un dispositif adapté à votre terrain et aux règles locales. L’eau excédentaire doit pouvoir être évacuée sans inonder les abords de la maison ni creuser une jolie tranchée improvisée au milieu de votre pelouse.
Sur une installation enterrée, réfléchissez à ce point avant le terrassement. Ajouter une évacuation correcte après avoir refermé la fosse offre nettement moins de charme.
Une pompe est-elle nécessaire pour arroser ?
Avec une cuve hors sol placée suffisamment haut, la gravité peut alimenter un petit tuyau ou un arrosoir. La pression obtenue demeure toutefois assez faible.
Dès que vous souhaitez utiliser un tuyau long, plusieurs points d’arrosage, des asperseurs ou un réseau goutte-à-goutte exigeant une certaine pression, prévoyez une pompe adaptée.
Vous pouvez choisir une pompe immergée placée dans la citerne ou une pompe extérieure selon l’installation. Examinez son débit, sa pression, la hauteur à franchir et la distance jusqu’au point d’arrosage le plus éloigné.
Inutile de choisir une machine surpuissante pour remplir un arrosoir à trois mètres de la cuve. À l’inverse, une petite pompe montrera rapidement ses limites si elle doit alimenter plusieurs arroseurs au fond d’une grande propriété.
Placez la citerne au bon endroit
Pour une cuve hors sol, choisissez une surface plane capable de supporter le poids du réservoir plein. Installez-la près d’une descente de gouttière afin de limiter les longueurs de tuyauterie.
Évitez autant que possible l’exposition prolongée au soleil. Une citerne opaque et installée dans une zone ombragée conserve une eau plus fraîche et limite le développement des algues.
Pour un modèle enterré, examinez le passage des véhicules, la nature du sol, la présence éventuelle d’eau souterraine, la proximité des fondations et les recommandations de pose propres à la cuve. Tous les réservoirs enterrés ne supportent pas le passage d’une voiture au-dessus d’eux.
Pensez également à l’entretien. Une citerne cachée derrière une clôture, sous trois arbustes et un tas de bois semblera très bien intégrée au paysage jusqu’au jour où vous devrez accéder à son couvercle.
Adaptez la réserve aux plantes que vous cultivez
Les besoins en eau varient énormément selon la végétation. Une haie bien implantée et adaptée au climat local réclame généralement moins d’attention qu’un ensemble de légumes cultivés en plein été.
Si vous entretenez un petit potager de légumes, prévoyez une réserve capable d’assurer les arrosages pendant plusieurs journées sèches. Tomates, courgettes et légumes fraîchement plantés peuvent demander des apports réguliers lorsque les températures grimpent.
Vous pouvez réduire votre consommation en arrosant au pied des plantes, en utilisant un goutte-à-goutte bien réglé et en couvrant le sol avec un paillage. Vous exploitez ainsi beaucoup mieux chaque litre conservé dans la citerne.
Pour les jeunes plantations, privilégiez des arrosages suffisamment copieux et espacés plutôt qu’une petite douche superficielle quotidienne. L’eau pénètre davantage dans le sol et encourage les racines à explorer une zone plus profonde.
Vérifiez les accessoires compris dans le prix
Une citerne affichée à un tarif attractif peut rapidement changer de catégorie lorsque vous ajoutez tout ce qui manque.
Avant de comparer deux offres, vérifiez la présence ou le prix des éléments suivants : filtre, couvercle, rehausse, pompe, crépine, tuyau d’aspiration, raccords, collecteur de gouttière, trop-plein, système anti-remous et indicateur de niveau.
Pour une cuve enterrée, ajoutez également les frais liés au terrassement, à l’évacuation des terres, au matériau de remblai et à la manutention.
Comparez donc l’installation complète plutôt que la cuve seule. Une différence de quelques centaines d’euros sur le réservoir peut être absorbée ou inversée une fois tous les équipements additionnés.
Prévoyez un entretien accessible
Une citerne d’eau de pluie ne réclame pas une surveillance quotidienne. Elle mérite néanmoins quelques contrôles.
Inspectez les gouttières, nettoyez les filtres et vérifiez que le trop-plein n’est pas bouché. Contrôlez aussi les raccords et la pompe lorsqu’une installation sous pression équipe le jardin.
Des sédiments peuvent se déposer peu à peu au fond du réservoir. Leur quantité dépend de la toiture, de la filtration et de l’environnement immédiat. Un toit entouré de grands arbres n’apporte pas les mêmes contraintes qu’une toiture dégagée.
Pour une cuve hors sol exposée au gel, suivez les consignes du fabricant concernant l’hivernage. Certaines installations doivent être vidangées ou protégées durant la saison froide.
Questions fréquentes
Quelle capacité de citerne choisir pour un jardin de 500 m² ?
Ne vous basez pas uniquement sur la surface totale du terrain. Regardez plutôt la partie réellement arrosée. Pour quelques massifs et un potager, une réserve de 2 000 à 5 000 litres peut être cohérente. Une grande pelouse arrosée régulièrement augmente fortement les besoins.
Une cuve de 1 000 litres suffit-elle pour arroser un jardin ?
Oui pour une petite parcelle, des plantes en pots ou quelques massifs. Elle peut toutefois se vider rapidement pendant une période chaude et sèche. Vérifiez surtout la fréquence à laquelle votre toiture pourra la remplir.
Faut-il enterrer une citerne d’eau de pluie ?
Non. Une citerne hors sol convient très bien à de nombreux jardins. L’enfouissement devient intéressant lorsque vous recherchez plusieurs milliers de litres de stockage sans occuper une grande partie de la surface extérieure.
Peut-on relier plusieurs citernes entre elles ?
Oui, de nombreux systèmes autorisent le raccordement de plusieurs réservoirs. Cette configuration peut être pratique si votre capacité actuelle devient trop faible ou si la forme du terrain se prête mal à une seule grande cuve.
Peut-on arroser un potager avec l’eau de pluie récupérée ?
L’eau de pluie collectée depuis une toiture sert couramment à l’arrosage du jardin. Gardez votre cuve fermée, entretenez les gouttières et filtrez l’eau avant son stockage. Pour les légumes consommés crus, arrosez plutôt le sol au pied des plantes que les parties destinées à être mangées.
Pourquoi une citerne d’eau de pluie doit-elle avoir un trop-plein ?
Lorsqu’elle atteint sa capacité maximale, l’eau qui continue d’arriver doit pouvoir être évacuée. Sans trop-plein adapté, elle risque de déborder autour du réservoir et de détremper le terrain à proximité.
Quelle est la meilleure période pour installer une citerne enterrée ?
Privilégiez une période où le terrain est praticable et où les travaux de terrassement peuvent être réalisés dans de bonnes conditions. Si vous construisez ou réaménagez déjà le jardin, profitez des travaux pour poser la cuve avant les plantations et les finitions extérieures.
Une citerne très grande est-elle toujours préférable ?
Non. Surdimensionner le stockage coûte plus cher et réclame davantage d’espace sans garantie que la cuve puisse être correctement alimentée. Choisissez son volume en croisant trois données : l’eau disponible sur le toit, vos besoins d’arrosage et la durée habituelle des périodes sèches.