Case créole guadeloupéenne : maison traditionnelle

La case antillaise est habituellement posée sur le sol. Elle peut alors être plantée sur pilotis ou posée sur un lit de cailloux qui se réduit parfois à une grosse « pierre-savane » sous chaque angle. La case créole guadeloupéenne est posée sur le sol, celui-ci n’étant l’objet d’aucune préparation. La case repose en général sur de grosses pierres, « pierres de savane » ou pierres de carrière; elle peut aussi s’assoir sur des murets de ciment, discontinus le plus souvent, qui occupent les points où arrivent les poteau maîtres.

Construction de la case créole guadeloupéenne

La case élémentaire à deux pièces se présente comme un volume rectangulaire surmonté d’une charpente à deux pans. Si la construction la plus répandue fait 6 mètres sur 3, les dimensions de la case créole en Guadeloupe n’en sont pas moins variables. Les charpentiers n’accordent pas une signification particulière à ces variantes; certains les attribuent à la « mode », ou plus généralement au goût de la clientèle.

case creole guadeloupe

Les parois de la case créole guadeloupéenne sont comprises entre :

  • en bas, le cadre au sol,
  • en haut, la sablière.

Le cadre sol est fait de deux poteaux de 6m, et de deux de 3m. Il est coupé dans sa largeur par des « gites », solives qui supportent le plancher. Le cadre sol se nomme grand sol dans sa plus grande longueur (6m) et sol de retour sur le petit côté (3m).

La sablière, elle aussi, est faite de deux poutres de 6m et de 3m. Sur le grand côté, elle s’appelle sablière de long, sur le petit côté, sablière de retour. Elle se trouve à environ 2,70m du cadre sol. Entre le sol et la sablière, se dressent les poteaux.

Les poteaux courants encadrent, par deux, les ouvertures. Ils sont au nombre de douze : 4 sur chaque grand côté, et 2 sur chaque petit. Les autres poteaux courants sont à l’intérieur de la case. Lorsque l’ossature est terminée, on cloute dessus les planches des parois. La dernière planche, la clef, est introduite en force après que les bois ont travaillé.

La toiture forme un angle d’environ 45°. Elle est faite de 17 feuilles de tôle de 2 mètres pour une case à deux pièces. L’extansion d’une case se fait toujours sur le grand côté opposé à la rue, on découvre un pan de toit et l’on appuie de nouveaux chevrons, à mi-course des anciens ou dans leur prolongement, sur un lambris.

La galerie des cases créoles guadeloupéennes

La galerie est peut-être l’élement dominant dans l’imagerie de l’architecture antillaise. Sur le devant de la case, elle est animée de la présence des êtres et égayée par le décor. Une rupture dans la pente du toit marque que la galerie est souvent ajoutée à une case plus simple dès qu’un accroissement des revenus permet d’embellir la case et de la rendre plus accueillante. La galerie appartient à la fois à la case et à son environnement. À l’ombre et à l’abri, on peut saluer le passant et converser sans l’introduire dans l’intimité de la maison. Espace de transition, elle en accroit même la protection en permettant de partager les activités selon leur nature et l’heure de la journée. La galerie des cases créoles ajoute à la richesse du volume et protège la façade des intempéries.

case creole guadeloupe

En Guadeloupe, le rythme des poteaux joue sur le module de 3m pour subdiviser et animer l’espace. Poteaux et balustrades délimitent le volume plus qu’ils ne participent à la structure. Ils agrémentent la façade de lignes horizontales et surtout verticales. L’accès à la galerie se fait généralement par un portillon en son centre.

case creole guadeloupéenne

Fanfreluches et dentelles

Fanfreluches et dentelles sont les noms que donnent les charpentiers aux diverses découpes de bois qui ornent façades et galeries, de même que l’intérieur de la case. Elles ont pour but d’aérer et de protéger du soleil tout en étant prétexte à décor. L’air dans la case est recueilli par les jalousies et les dentelles des ouvertures.

case creole guadeloupe

Il est souvent difficile d’attribuer une signification aux diverses fanfreluches. Faut-il y voir simplement le goût du propriétaire et celui du charpentier ou de complexes rites de protection ? La case, objet vivant, est baptisée, et certains motifs se retrouvent dans toutes les Antilles (le soleil par exemple, symbole de prospérité). D’autres motifs sont spécifiques d’une île ou d’une région (décors animaux à Marie-Galante, en particulier des poissons, décors végétaux en Guadeloupe), d’autres enfin ne se rencontrent qu’une fois.

case creole guadeloupe

Les fanfreluches dissimulent les goussets de sa structure, elles doivent donc, aux droits des poteaux, couvrir une surface plus importante. C’est pourquoi la forme habituelle de ce décor est une courbe, connue sous le nom « d’arc antillais », laquelle se compose souvent d’arabesques plus ou moins figuratives en son centre et aux extrémités.

case creole guadeloupeenne

La couleur des cases créoles guadeloupéennes

On ne peut évoquer les Antilles sans songer à la vivacité des couleurs. Sur fond de bleu et de vert se mêlent les tons chauds des fleurs, des fruits et des terres volcaniques. Le bois des planches, lorsqu’il est laissé naturel, devient en vieillissant d’un gris luisant. La peinture protège le bois et les tôles de l’humidité, elle participe aussi, avec les plantes ornementales, au décor de la case.

case creole

Les couleurs des cases créoles guadeloupéennes sont assorties généralement par deux ou trois et offrent des contrastes saisissants.

D’autres photos de cases créoles prises en Guadeloupe

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