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Les maisons de la Casbah de Dellys : entre influences kabyles et ottomanes

maison traditionnelle de la casbah de Dellys

Sur la côte algérienne, à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger, Dellys possède un vieux quartier dont les maisons semblent avoir été assemblées au fil des siècles, sans jamais oublier leurs origines. Accrochée aux pentes d’un promontoire dominant la Méditerranée, sa Casbah présente une architecture singulière, façonnée par les traditions kabyles, les apports andalous et les influences ottomanes.

Derrière les murs de pierre et les portes en bois se cachent des cours intérieures, des galeries, des escaliers et parfois de véritables jardins. Ces habitations témoignent d’une manière de vivre où chaque espace possède sa fonction, depuis l’entrée qui protège des regards jusqu’aux pièces ouvertes sur le patio.

Mais les maisons de Dellys ne sont pas de simples copies de celles d’Alger ou des villages de Kabylie. Elles possèdent leur propre caractère, né de plusieurs siècles d’adaptations. Pour comprendre leur architecture, il faut franchir leurs portes et observer comment leurs habitants ont appris à composer avec la pente, le climat et leurs habitudes familiales.

L’essentiel

  • La Casbah de Dellys se situe dans la wilaya de Boumerdès, sur le littoral algérien.
  • Ses maisons associent des traditions constructives kabyles, andalouses et ottomanes.
  • L’habitation traditionnelle s’organise généralement autour d’une cour appelée haouch.
  • La sqifa, entrée en chicane, protège l’intimité familiale.
  • Les maisons possèdent souvent un étage, des galeries et des toitures en tuiles rouges.
  • Le qbou, volume en saillie sur la façade, témoigne notamment des influences ottomanes.
  • Certaines propriétés comportent un riyad, jardin planté d’arbres fruitiers.
  • Le séisme de 2003 a gravement endommagé ce patrimoine architectural.

La Casbah de Dellys, une vieille ville tournée vers la Méditerranée

Dellys occupe un emplacement qui explique une bonne partie de son histoire. Installée sur un promontoire rocheux, elle domine la mer tout en conservant des liens étroits avec les terres de Kabylie. Cette situation en a fait un lieu de passage et d’échanges pendant des siècles.

La ville possède des origines antiques. Connue sous le nom de Rusuccurus à l’époque romaine, elle a ensuite traversé différentes périodes politiques et culturelles. Les dynasties musulmanes du Maghreb, les populations venues d’Al-Andalus, la domination ottomane puis la colonisation française ont successivement marqué son paysage.

Le quartier historique s’est développé sur un terrain pentu, selon un réseau de voies qui épouse les reliefs. Les ruelles pavées serpentent entre les habitations, tandis que des passages secondaires descendent vers le littoral.

En parcourant les types de maisons à travers l’Algérie, vous découvrez combien les constructions traditionnelles varient selon les régions. À Dellys, cette diversité prend une dimension originale : l’habitat rural kabyle a progressivement adopté les caractéristiques d’une demeure urbaine méditerranéenne.

jolie ruelle dans la casbah de Dellys

Une organisation urbaine dictée par le relief

La Casbah ne présente pas le plan régulier d’une ville construite d’un seul mouvement. Ses maisons se serrent les unes contre les autres, suivent les courbes du terrain et forment des îlots compacts.

La Grande Rue Arabe, axe historique orienté approximativement du nord au sud, joue un rôle structurant dans l’organisation du quartier. D’autres voies relient les différents niveaux de la ville et donnent accès aux habitations.

Cette disposition possède plusieurs avantages. Les façades rapprochées limitent l’exposition directe au soleil dans certains passages, tandis que les murs mitoyens réduisent les surfaces exposées aux variations de température.

Regardez également les toitures : contrairement à l’image habituelle des casbahs dominées par les terrasses plates, Dellys présente de nombreux toits inclinés recouverts de tuiles en terre cuite. Cette silhouette rougeâtre fait partie de son identité.

Une maison organisée autour du haouch

Pour comprendre une habitation traditionnelle de Dellys, oubliez un instant la façade. Le vrai centre de la maison se trouve derrière les murs, dans un espace ouvert appelé haouch, également désigné par l’expression wast eddar, littéralement le milieu de la maison.

Cette cour intérieure commande l’organisation des différentes pièces. Selon les dimensions de la propriété et son évolution, les bâtiments occupent un, deux, trois ou quatre côtés de cet espace central.

Le patio apporte de la lumière aux pièces qui l’entourent et facilite la circulation de l’air. Il accueille aussi une bonne partie des activités domestiques.

Imaginez une matinée dans une maison ancienne : des membres de la famille traversent la cour, d’autres préparent les repas ou discutent sous une galerie. L’organisation architecturale encourage ces échanges sans exposer la vie du foyer aux passants.

Quatre configurations de maisons traditionnelles

Les habitations de la Casbah ne possèdent pas toutes la même disposition. Leur organisation dépend notamment de la taille de la parcelle et des agrandissements successifs.

ConfigurationOrganisation autour du patio
Type AUn corps de bâtiment occupe un côté de la cour.
Type BDeux corps bâtis se font face, séparés par l’espace central.
Type CTrois côtés du patio sont bordés de constructions.
Type DLes bâtiments entourent les quatre côtés du patio.

Ces différentes configurations montrent comment les maisons ont évolué avec les besoins familiaux. Une propriété pouvait accueillir de nouveaux espaces et parfois plusieurs foyers apparentés, tout en conservant sa cour comme point central.

La sqifa, une entrée qui protège les habitants

Depuis la ruelle, vous franchissez une porte en bois avant d’emprunter un passage appelé sqifa ou skifa.

Ce vestibule forme généralement une chicane. Au lieu d’offrir une perspective directe sur la cour, le passage oblige à changer de direction.

L’idée est simple : empêcher les personnes présentes dans la rue de voir immédiatement ce qui se passe dans l’habitation.

Cette organisation traduit une conception de l’espace domestique dans laquelle la rue et la maison possèdent des degrés d’intimité différents.

La sqifa sert également de transition entre l’extérieur et le patio. En quelques pas, vous quittez l’agitation du quartier pour rejoindre l’univers familial.

skifa en Algérie

Les influences ottomanes dans les maisons de Dellys

L’architecture de Dellys porte l’empreinte de la période ottomane, même si plusieurs de ses caractéristiques existaient déjà dans les traditions méditerranéennes antérieures.

Ces influences apparaissent notamment dans certains éléments de façade, dans la recherche d’intimité et dans l’organisation des espaces intérieurs.

Le qbou, une avancée au-dessus de la ruelle

Le qbou figure parmi les détails architecturaux les plus reconnaissables de la Casbah.

Il s’agit d’un volume en saillie, généralement installé à l’étage, qui déborde sur la façade donnant vers la rue. Soutenu par une structure de bois, il agrandit l’espace intérieur sans occuper davantage de terrain au niveau du sol.

Selon les maisons et les transformations qu’elles ont connues, le qbou peut présenter des ouvertures de dimensions différentes.

Ce dispositif donne également la possibilité d’observer la rue depuis l’habitation, tout en préservant l’intimité des occupants.

Ne le confondez pas systématiquement avec un moucharabieh : le qbou désigne avant tout un volume architectural en encorbellement, tandis que le moucharabieh correspond à un dispositif ajouré de fermeture ou de protection visuelle.

Certains qbou de Dellys ont d’ailleurs été modifiés durant la période coloniale, notamment par l’agrandissement des fenêtres.

Des galeries et des escaliers autour de la cour

Les maisons traditionnelles de Dellys possèdent fréquemment deux niveaux. Des galeries, parfois bordées d’arcades, desservent les pièces situées autour du patio.

Les escaliers occupent une place remarquable dans cette organisation. Construits en pierre et souvent accolés aux murs, ils donnent accès aux galeries supérieures.

Leur aspect massif accompagne les volumes de la maison. Certaines habitations possèdent même plusieurs escaliers, conséquence de transformations successives ou d’une occupation par plusieurs familles.

Vous retrouvez cette organisation autour d’une cour dans les maisons de la Casbah d’Alger, mais une différence saute aux yeux : à Dellys, les toitures inclinées et les jardins associés à certaines demeures produisent un paysage architectural bien distinct.

Une influence andalouse qui complète l’héritage ottoman

Réduire l’architecture de Dellys à deux influences serait oublier une autre composante de son histoire : les apports andalous.

La ville a accueilli des populations et des traditions liées à Al-Andalus. Cette présence s’inscrit dans une histoire maghrébine où les circulations entre les deux rives de la Méditerranée ont nourri les techniques de construction et les habitudes domestiques.

La place accordée aux cours intérieures, aux jardins et à l’intimité familiale participe de cet héritage méditerranéen partagé.

Il serait pourtant trompeur d’attribuer chaque patio ou chaque arcade à une origine culturelle unique. Les formes architecturales circulent, se transforment et s’adaptent aux usages locaux.

À Dellys, les différentes traditions ont fini par produire un ensemble cohérent, sans effacer totalement leurs particularités.

Les matériaux et les techniques de construction traditionnels

Les bâtisseurs de Dellys utilisaient principalement des ressources disponibles dans leur environnement.

La pierre occupe une place dominante dans les murs. Les maçonneries traditionnelles sont généralement épaisses, composées de pierres assemblées avec des mortiers adaptés aux techniques anciennes.

La terre cuite intervient dans les couvertures, les briques et certains revêtements. Quant au bois, il sert aux charpentes, aux planchers, aux linteaux et aux structures des qbou.

Des murs épais et des toitures caractéristiques

Les murs de certaines habitations atteignent plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur, parfois davantage selon leur fonction et leur emplacement.

Cette masse de maçonnerie procure une certaine inertie thermique, appréciable dans un climat marqué par des étés chauds et des périodes humides.

Les couvertures inclinées utilisent des tuiles canal en terre cuite. Leur disposition favorise l’écoulement de l’eau de pluie, un avantage dans cette région littorale.

La charpente fait appel à diverses pièces de bois. Des troncs d’olivier ont notamment été employés dans certaines constructions, en complément d’éléments équarris.

Ce mariage entre pierre, bois et terre cuite donne aux maisons leur aspect robuste, mais il demande un entretien attentif. Une toiture dégradée peut laisser pénétrer l’eau dans les murs et fragiliser progressivement toute la construction.

Des détails qui témoignent du savoir-faire des artisans

Observez les ouvertures, les seuils et les encadrements : leur apparence varie d’une demeure à l’autre.

Certaines portes présentent deux vantaux de bois. Des arcs en brique marquent l’accès aux galeries, tandis que des colonnes de pierre ou de brique soutiennent les étages.

Les corniches peuvent également associer plusieurs rangées de briques et de tuiles, créant des reliefs décoratifs sur les façades.

Ces éléments répondent à des besoins techniques, mais participent aussi à l’identité des habitations.

rue de maisons traditionnelles en pierre à Dellys

L’héritage kabyle : une présence dans l’organisation domestique

L’influence kabyle apparaît dans les origines rurales de la maison dellysienne et dans plusieurs usages domestiques.

Dans les villages traditionnels de Kabylie, l’habitation prend souvent la forme d’un volume relativement simple, couvert d’une toiture inclinée. La pierre, la terre et le bois y occupent une place majeure.

L’intérieur accueille différentes fonctions liées à la vie familiale et, dans certains cas, aux animaux domestiques.

À Dellys, ces traditions ont évolué au contact d’un environnement urbain plus dense. Les maisons se sont agrandies, les cours ont pris davantage de place dans leur organisation et les étages se sont multipliés.

L’étable, un témoignage des origines rurales

L’un des éléments les plus révélateurs de cet héritage est la présence de l’étable, appelée daynin dans certaines descriptions de l’habitat traditionnel.

Elle se trouve généralement au rez-de-chaussée, parfois à proximité de l’entrée.

Sa présence rappelle que les habitants entretenaient des liens étroits avec les activités agricoles et l’élevage, même au sein d’une ville maritime.

Cette particularité rapproche certaines demeures de Dellys de la maison kabyle, dans laquelle l’organisation intérieure pouvait prévoir un espace réservé aux animaux.

Le rapprochement ne signifie pas que les deux architectures sont identiques. Dans une habitation urbaine de Dellys, l’étable s’intègre à une organisation beaucoup plus développée autour d’une cour.

Des pièces aux fonctions souples

Les pièces du rez-de-chaussée, parfois appelées biout, et celles de l’étage, les ghrof, n’avaient pas nécessairement des fonctions aussi strictement séparées que dans les logements contemporains.

Une même pièce pouvait accueillir différentes activités selon les heures, les saisons ou la composition de la famille.

L’étage était fréquemment utilisé pour les espaces de sommeil. Au rez-de-chaussée, les pièces communiquaient avec le patio, autour duquel s’organisait la vie quotidienne.

Cette souplesse correspondait à des modes d’habitation où les espaces étaient employés selon les circonstances plutôt que réservés à une fonction unique.

Le riyad, un jardin au cœur de certaines propriétés

Appelé riyad, cet espace végétalisé accompagne certaines habitations traditionnelles. Il ne faut pas le confondre systématiquement avec le patio : le haouch correspond à la cour de la maison, tandis que le riyad désigne un jardin associé à la propriété.

On y cultivait notamment des citronniers, des orangers, des figuiers, des grenadiers, des néfliers ou encore de la vigne.

Les fleurs, les fruits et les légumes pouvaient se côtoyer sur une même parcelle.

Ces jardins traduisaient le lien entre la ville et les pratiques agricoles du territoire environnant. Ils offraient également de l’ombre et un espace familial agréable pendant les périodes chaudes.

Toutes les maisons ne disposaient cependant pas d’un riyad. Les parcelles les plus resserrées accueillaient uniquement une cour, entourée de bâtiments.

Cette distinction explique en partie la variété des habitations anciennes de Dellys, depuis les propriétés disposant d’un jardin jusqu’aux ensembles bâtis occupant presque toute leur parcelle.

Un patrimoine fragilisé par le séisme de 2003

Le 21 mai 2003, le violent séisme qui a frappé la région de Boumerdès a gravement touché Dellys et son centre historique.

De nombreuses habitations anciennes ont subi des dommages structurels : fissures, effondrements partiels, dégradations des murs et des couvertures.

Le tremblement de terre a révélé la vulnérabilité de constructions anciennes déjà affaiblies par le vieillissement, le manque d’entretien ou certaines modifications.

Dans une Casbah où les bâtiments sont souvent accolés, la fragilité d’une maison peut également affecter ses voisines.

Pourquoi la restauration demande-t-elle autant de précautions ?

Réhabiliter une habitation traditionnelle ne consiste pas simplement à refaire les murs et à poser une toiture neuve.

Les constructions de Dellys reposent sur des assemblages de matériaux et des techniques qui possèdent leur propre fonctionnement. L’emploi de mortiers trop rigides, de ciment inadapté ou de modifications structurelles mal étudiées peut créer de nouvelles fragilités.

Les interventions doivent aussi tenir compte du risque sismique, de la stabilité des maçonneries et des relations entre bâtiments mitoyens.

La restauration implique donc plusieurs opérations :

  • Examiner les murs, les fondations et les éventuelles déformations.
  • Identifier les matériaux anciens et les transformations successives.
  • Consolider les parties fragilisées avec des techniques compatibles.
  • Réparer les charpentes et les couvertures en respectant leurs caractéristiques.
  • Conserver, lorsque leur état le justifie, les portes, les escaliers, les galeries et les qbou.
  • Adapter les habitations aux besoins actuels sans dénaturer leur organisation.

La vieille ville de Dellys bénéficie d’un cadre de protection patrimoniale. Son plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur a été approuvé en 2016.

Mais protéger un quartier ne se limite pas à préserver ses façades. Il faut aussi tenir compte des habitants, de leurs besoins quotidiens et de la possibilité de continuer à utiliser les maisons.

rue de Dellys

Pourquoi les maisons de Dellys sont-elles si différentes ?

Ce qui rend l’architecture de la Casbah remarquable, c’est la manière dont plusieurs traditions se rencontrent dans une même habitation.

Les origines kabyles se retrouvent dans les matériaux, certaines dispositions domestiques et la présence occasionnelle d’espaces liés aux animaux.

Les traditions urbaines méditerranéennes et andalouses apparaissent notamment dans l’organisation autour du patio et la place accordée aux jardins.

L’époque ottomane a laissé des éléments reconnaissables, dont certains qbou, ainsi que des transformations de la maison urbaine.

Enfin, la période coloniale a introduit de nouvelles ouvertures, des modifications de façades et des bâtiments différents dans les secteurs voisins du centre historique.

Vous pouvez donc observer une maison dont les murs suivent une technique ancienne, dont la cour évoque les demeures méditerranéennes et dont l’étage présente une avancée caractéristique des habitations ottomanes.

Cette architecture résulte d’adaptations progressives, réalisées par des générations de bâtisseurs et d’habitants. C’est précisément ce qui lui donne son caractère.

Questions fréquentes

Où se trouve la Casbah de Dellys ?

La Casbah de Dellys se situe dans la ville de Dellys, sur la côte méditerranéenne de l’Algérie, dans la wilaya de Boumerdès. Le quartier historique occupe un terrain en pente dominant le littoral, à environ 100 kilomètres à l’est d’Alger.

Quelle est la différence entre la Casbah de Dellys et celle d’Alger ?

Les deux quartiers présentent des habitations organisées autour de cours intérieures et possèdent un héritage ottoman. Cependant, Dellys se distingue notamment par ses nombreuses toitures inclinées en tuiles rouges, ses influences rurales kabyles et la présence de jardins associés à certaines maisons. À Alger, les terrasses plates occupent une place beaucoup plus visible dans le paysage traditionnel.

Pourquoi les maisons de Dellys possèdent-elles des toits en tuiles ?

Les toitures inclinées recouvertes de tuiles canal facilitent l’évacuation des eaux de pluie. Elles s’inscrivent également dans les traditions constructives de la région. Leur présence donne au vieux quartier une silhouette différente de celle de nombreuses autres casbahs algériennes.

Qu’est-ce qu’un qbou dans une maison traditionnelle ?

Le qbou est un volume en saillie situé généralement à l’étage. Il déborde sur la façade et peut accueillir des ouvertures donnant sur la rue. Cet élément agrandit l’espace intérieur et participe à la préservation de l’intimité familiale.

À quoi servait la cour intérieure ?

Le haouch servait d’espace central de circulation et de vie familiale. Il apportait de la lumière aux pièces, favorisait la ventilation et accueillait différentes activités domestiques. Les galeries et les escaliers organisés autour de cette cour donnaient accès aux pièces des différents niveaux.

Toutes les maisons de la Casbah possédaient-elles un jardin ?

Non. Certaines propriétés disposaient d’un riyad où poussaient des arbres fruitiers, de la vigne et des plantes cultivées. D’autres habitations, implantées sur des terrains plus petits, possédaient uniquement une cour intérieure.

Peut-on encore voir des maisons traditionnelles dans la Casbah de Dellys ?

Oui, le quartier historique conserve des habitations anciennes, des ruelles pavées et plusieurs éléments architecturaux caractéristiques. Toutefois, certaines constructions sont dégradées ou fragilisées. Si vous visitez la Casbah, respectez les propriétés privées et évitez de pénétrer dans les bâtiments présentant des signes d’instabilité.

Pourquoi faut-il préserver les maisons de Dellys ?

Ces habitations témoignent d’une architecture issue des traditions kabyles, andalouses et ottomanes. Leur organisation, leurs matériaux et leurs techniques de construction permettent de comprendre plusieurs siècles d’histoire locale. Leur sauvegarde concerne autant les bâtiments que les savoir-faire artisanaux et les pratiques domestiques qui ont façonné ce quartier.

article écrit par Michaëla Aven

Passionnée d’architecture, je voyage les yeux grands ouverts et l’esprit curieux. Chaque ville un musée à ciel ouvert où les façades montrent leur histoire, où les lignes, matières et volumes dialoguent avec la lumière. J’aime observer les détails que l’on ne remarque pas toujours au premier regard : corniche sculptée, jeu d’ombres sur un mur moderne, porte ancienne patinée par le temps. Voyager, c’est découvrir le monde à travers ses bâtiments, comprendre les cultures à travers leurs formes et leurs espaces. Mon regard s’attarde, analyse, s’émerveille — car pour moi, l’architecture n’est pas qu'un décor, c’est une émotion.