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Loi Lemoine : changez d’assurance emprunteur quand vous le souhaitez

Clés et documents d’assurance emprunteur

Vous connaissez probablement le montant de votre mensualité de crédit. Mais savez-vous quelle part revient à l’assurance ? Cette ligne du budget a le talent de se faire oublier, alors qu’elle accompagne parfois votre prêt pendant vingt ans. Lors de l’achat, entre les visites, les cartons et les signatures, vous avez peut-être accepté le contrat proposé par votre banque sans ouvrir le dossier davantage. Je vous rassure sur un point : cette signature ne vous attache pas à cet assureur jusqu’au dernier remboursement.

Avec la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment pour les crédits immobiliers concernés. Encore faut-il comparer les bonnes choses et organiser le passage d’un contrat à l’autre. Je vous propose de reprendre le dossier, avec une calculatrice et quelques repères utiles.

L’essentiel

  • Vous pouvez remplacer votre assurance emprunteur sans attendre une date anniversaire ni la fin de la première année du crédit.
  • Le nouveau contrat doit présenter un niveau de garanties équivalent à celui exigé par votre banque.
  • Le prêteur dispose de dix jours ouvrés après réception du dossier complet pour notifier sa décision et, en cas d’accord, émettre l’avenant.
  • La banque ne peut pas facturer cette substitution ni augmenter le taux du prêt en contrepartie.
  • Comparez le coût sur une même durée, les quotités, les exclusions et les conditions d’indemnisation.
  • La loi prévoit aussi une dispense de formalités médicales sous conditions et un droit à l’oubli raccourci pour certains antécédents.

Votre assurance n’a plus de rendez-vous annuel

La loi du 28 février 2022, dite loi Lemoine, a ouvert la résiliation à tout moment de l’assurance emprunteur immobilière. Cette faculté s’applique depuis le 1er juin 2022 aux nouvelles offres de prêt et depuis le 1er septembre 2022 aux contrats d’assurance déjà en cours. Un crédit signé avant 2022 n’est donc pas écarté pour son ancienneté.

Vous n’avez plus à guetter une échéance annuelle. Vous pouvez lancer votre demande lorsque vous trouvez une offre adaptée, même si votre prêt a commencé quelques mois auparavant. Le calendrier vous appartient ; l’examen du nouveau contrat suit, lui, une procédure.

Je rappelle ce que vous remplacez : une assurance prêt immobilier prend en charge une part des remboursements ou du capital dû lorsqu’un événement couvert survient, dans les limites du contrat. Vous changez cette protection, sans devoir déplacer votre crédit dans une autre banque.

Le dispositif concerne les assurances des crédits immobiliers entrant dans le champ prévu par les textes, notamment pour financer un logement ou un bien à usage mixte, d’habitation et professionnel. Un investissement locatif peut être concerné. En revanche, ne transposez pas automatiquement cette liberté à l’assurance d’un crédit à la consommation. Pour un financement porté par une société, faites vérifier le régime applicable au prêt.

La banque vérifie les garanties

La condition centrale porte sur l’équivalence du niveau de garanties. Votre futur contrat doit répondre aux exigences du prêteur. Deux brochures peuvent afficher les mêmes sigles sans couvrir les mêmes situations : quelques lignes dans une définition changent la portée d’une assurance.

Commencez par demander la fiche personnalisée de votre banque. Elle précise la quotité attendue, les risques à couvrir et les critères retenus pour apprécier les garanties. La fiche standardisée d’information sert également à comparer les propositions, mais je vous conseille de transmettre au nouvel assureur les exigences propres à votre dossier.

Vous lui épargnerez une recherche à l’aveugle. Demandez-lui de vous montrer où son contrat répond à chaque critère, avec les pages correspondantes. Une réponse du type « nous travaillons souvent avec cette banque » ne remplace pas cette vérification.

L’équivalence n’exige pas que chaque phrase reproduise le contrat bancaire. Elle impose un niveau de protection conforme aux critères applicables. Si cette condition est remplie, le prêteur ne peut pas écarter votre demande au seul motif que vous choisissez un assureur extérieur.

Préparer le changement sans trou dans la couverture

Je commencerais par réunir votre offre de prêt, le tableau d’amortissement à jour et les documents de l’assurance actuelle. Ajoutez les exigences de la banque, puis demandez plusieurs propositions établies sur les mêmes données : somme à assurer, durée du financement, garanties et quotités.

Gardez un petit dossier partagé avec votre co-emprunteur, si vous achetez à deux. Une version datée de chaque document évite de comparer le devis du lundi avec une couverture modifiée le jeudi. L’administratif adore les doublons ; inutile de l’encourager.

Après votre choix, voici l’ordre de travail :

  1. Obtenez les documents contractuels du nouvel assureur. Une estimation commerciale seule ne suffit pas à décrire l’engagement proposé.
  2. Adressez la demande de substitution à la banque. Joignez les pièces qu’elle réclame, notamment celles détaillant les garanties, le tarif et sa désignation comme bénéficiaire des prestations.
  3. Conservez la preuve de réception. Elle vous aidera à suivre le délai de traitement et les éventuelles demandes de pièces complémentaires.
  4. Organisez la résiliation avec l’assureur actuel. Si la banque gère ce contrat, une demande commune de résiliation et de substitution peut suffire. Sinon, les démarches sont distinctes.
  5. Faites confirmer les dates par écrit. La fin de l’ancienne couverture et le démarrage de la nouvelle doivent s’articuler sans interruption.

Le délai bancaire de dix jours ouvrés commence à la réception d’un dossier complet. Ce délai concerne la décision du prêteur et l’émission de l’avenant en cas d’acceptation ; il ne promet pas que toutes les opérations seront achevées dix jours après votre première recherche sur Internet.

Vous pouvez mandater un assureur ou un intermédiaire pour accomplir les démarches en votre nom. Demandez alors qui envoie quoi, qui suit la réponse et qui contrôle la clôture de l’ancien contrat. Je vous recommande de continuer à régler vos cotisations tant que la résiliation n’a pas pris effet.

Calculer le gain, sans se laisser éblouir

L’idée de changer d’assurance emprunteur pour économiser mérite quelques calculs. Un petit écart mensuel, répété pendant des années, peut représenter une somme appréciable. Mais aucune réduction n’est garantie : votre âge à la nouvelle souscription, votre activité, la durée du prêt et les conditions de couverture influencent l’offre reçue.

Prenons un exemple fictif. Vous avez encore douze années de remboursement devant vous. Votre assurance coûte 48 € par mois et une proposition conforme aux exigences bancaires affiche 29 €. Supposons que ces deux cotisations soient fixes pendant toute cette période, avec les mêmes quotités.

Comparaison sur douze ansContrat actuelNouveau contrat
Cotisation mensuelle48 €29 €
Coût annuel576 €348 €
Coût sur 144 mois6 912 €4 176 €
Écart total avant frais éventuels du nouveau contrat2 736 €

Dans cet exemple, vous économisez 19 € par mois. Si la nouvelle souscription entraîne 120 € de frais annoncés par l’intermédiaire ou l’assureur, le gain net atteint 2 616 €. Ces frais éventuels sont distincts de ceux de la banque : celle-ci ne peut pas vous faire payer l’étude de la substitution ou l’avenant.

Dans votre dossier, les cotisations peuvent évoluer. Certaines dépendent du capital initial, d’autres du capital encore à rembourser, avec parfois une variation liée à l’âge. Comparez donc les échéanciers complets. Deux taux affichés sur des bases différentes ne racontent pas la même histoire.

Je ferais aussi un calcul sur votre horizon probable. Si vous prévoyez de vendre dans quatre ans, additionnez les cotisations sur quatre ans. Une économie annoncée sur quinze années a moins d’intérêt si vous remboursez le prêt bien avant son terme.

Le questionnaire médical : deux seuils à comprendre

La liberté de changer d’assurance et la dispense de questionnaire médical répondent à des règles différentes. Vous pouvez exercer votre droit de substitution même si vous ne remplissez pas les conditions de la dispense.

Pour les assureurs relevant du Code des assurances, aucune information sur votre santé ni aucun examen médical ne peut être demandé lorsque les deux conditions légales sont réunies : votre part assurée sur l’encours cumulé des crédits concernés ne dépasse pas 200 000 €, et la dernière échéance du crédit intervient avant votre soixantième anniversaire. Cette interdiction ne s’impose pas aux organismes relevant du Code de la mutualité.

Le plafond s’apprécie par assuré, en tenant compte des autres emprunts concernés. Imaginez un couple avec un encours de 360 000 €, assuré à 50 % chacun : chaque personne porte 180 000 € de capital assuré. Sans autre crédit à ajouter et avec un remboursement achevé avant les 60 ans de chacun, le critère financier est respecté.

Avec une couverture de 100 % par personne sur ce même encours, chacun serait assuré pour 360 000 €. Le résultat change. Je vous déconseille toutefois de réduire votre protection dans le seul but de passer sous le plafond. Le budget du foyer en cas de sinistre mérite mieux qu’un arrangement de pourcentages.

Le droit à l’oubli raccourcit certains délais

Autre volet de la réforme : le délai du droit à l’oubli a été ramené à cinq ans pour les antécédents de cancer ou d’hépatite virale C. Il se compte après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, avec une échéance du contrat d’assurance avant le soixante et onzième anniversaire.

Lorsque les conditions sont remplies, vous n’avez plus à déclarer cet antécédent et aucune surprime ni exclusion ne doit être appliquée à son titre. Cela n’efface pas toutes les autres questions médicales éventuellement applicables. Pour dater la fin du protocole ou vérifier votre situation, échangez avec votre médecin. Je préfère cette vérification à une réponse approximative dans un formulaire.

Ce que je regarde avant de signer

L’accord bancaire vous indique que le contrat répond aux exigences du prêt. Votre examen personnel doit aussi porter sur la protection de votre foyer. C’est pourquoi je vous invite à lire les garanties indispensables dans une assurance prêt immobilier en rapprochant chaque clause de votre métier, de vos revenus et de votre organisation familiale.

Pour l’incapacité de travail, vérifiez si l’évaluation porte sur votre profession habituelle ou sur toute activité professionnelle. Un artisan qui ne peut plus utiliser sa main n’aborde pas cette distinction comme une simple affaire de vocabulaire.

Examinez ensuite la franchise : pendant cette période suivant le sinistre, aucune prestation n’est versée au titre de la garantie concernée. Elle se distingue du délai de carence, qui correspond à une période d’attente après la souscription. Regardez également les limites d’âge et les exclusions, notamment celles touchant vos activités sportives ou certaines pathologies.

Le mode d’indemnisation compte aussi. Une prestation forfaitaire dépend du montant prévu au contrat, en tenant compte de la quotité. Une prestation indemnitaire dépend de la perte de revenus et des règles de calcul définies dans les clauses. Je vous conseille de demander une simulation d’arrêt de travail adaptée à votre statut.

Enfin, comparez les quotités personne par personne. Passer d’une couverture de 100 % sur chacun des deux emprunteurs à 50 % chacun diminue la part assurée pour chaque personne. Vous ne comparez plus la même protection, même si le prix paraît plus doux.

Questions fréquentes

Puis-je changer d’assurance si j’ai plus de 60 ans ?

Oui. Le seuil de 60 ans concerne la dispense de formalités médicales, avec une appréciation à la fin du crédit. Il ne fixe pas une limite générale au droit de substitution. Vous devez toutefois trouver un contrat accessible à votre âge et conforme aux garanties demandées.

Ai-je le droit de changer plusieurs fois ?

Oui. Un précédent changement ne vous prive pas de cette faculté. Chaque nouvelle demande doit respecter les conditions applicables. Je vous conseille simplement de calculer le gain et de relire les clauses à chaque fois : le prix du dernier devis ne suffit pas à justifier toute la démarche.

Le silence de la banque vaut-il accord ?

Non. L’absence de réponse dans le délai prévu ne vaut pas acceptation automatique. Relancez votre interlocuteur par écrit avec la preuve de réception du dossier complet. Ne considérez pas votre nouvelle assurance comme validée par le prêteur sur la seule base du temps écoulé.

Que faire si la banque refuse le nouveau contrat ?

Demandez les motifs détaillés du refus et transmettez-les au professionnel qui vous a proposé l’assurance. Une pièce peut manquer ou une garantie nécessiter un ajustement. Si vous contestez le refus, adressez une réclamation écrite à la banque, puis saisissez le médiateur compétent si les conditions de saisine sont réunies.

Le taux de mon crédit peut-il augmenter après le changement ?

La banque ne peut pas relever le taux d’intérêt du prêt en contrepartie du choix d’une assurance extérieure. Le taux annuel effectif global indiqué dans l’avenant peut, lui, changer puisqu’il intègre le coût de l’assurance exigée. Il faut distinguer ce coût global du taux d’intérêt du crédit.

écrit par

Michaëla

Passionnée d’architecture, je voyage les yeux grands ouverts et l’esprit curieux. Chaque ville est pour moi un musée à ciel ouvert où les façades montrent leur histoire, où les lignes, les matières et les volumes dialoguent avec la lumière. J’aime observer les détails que l’on ne remarque pas toujours au premier regard : une corniche sculptée, un jeu d’ombres sur un mur moderne, une porte ancienne patinée par le temps. Voyager, c’est découvrir le monde à travers ses bâtiments, comprendre les cultures à travers leurs formes et leurs espaces. Mon regard s’attarde, analyse, s’émerveille — car pour moi, l’architecture n’est pas qu'un décor, c’est une émotion.