Le claustra, vous l’avez déjà vu sans forcément mettre un mot dessus. Une séparation ajourée, qui laisse passer la lumière et le regard, sans fermer comme un mur. Et depuis quelques années, il s’invite dans de nombreux intérieurs : entrée, salon, cuisine, chambre, bureau à la maison.
Ce qui plaît avec le claustra, c’est son côté “entre-deux”. Vous structurez l’espace, vous créez une limite, mais vous gardez l’air et la lumière. Dans un appartement, ça peut vraiment changer la façon de vivre une pièce. Dans une maison, ça aide à calmer un grand volume sans le casser.
Je repense à une amie qui venait d’emménager dans un T2. Tout était ouvert : entrée, cuisine, salon. Sur le papier, c’était agréable. Dans la vie réelle, elle voyait ses manteaux, ses sacs et le plan de travail depuis le canapé. Elle a posé un claustra mi-hauteur entre l’entrée et le séjour. Rien de spectaculaire. Et d’un coup, elle a eu la sensation d’“arriver” chez elle, sans perdre un centimètre de lumière.
Qu’est-ce qu’un claustra ?
Un claustra, c’est une cloison ajourée. Il peut monter jusqu’au plafond, s’arrêter à mi-hauteur, se glisser en niche, ou devenir une simple lignée de tasseaux.
Son rôle n’est pas d’isoler comme une vraie cloison. Il sert plutôt à :
- dessiner des zones dans une pièce
- filtrer les vues
- guider la circulation
- créer un fond visuel plus calme qu’un espace entièrement ouvert
Il peut être fixe, ou intégré à une verrière, à un meuble, à une banquette, à un îlot de cuisine. Pensez-le comme un outil de composition, pas comme un “objet déco” qu’on pose au hasard.
Pourquoi ça marche si bien dans les intérieurs ?
Il y a une raison très concrète : beaucoup de logements ont gagné en ouverture. Cuisine ouverte, séjour traversant, pièces de vie regroupées. C’est agréable… jusqu’au moment où tout se voit, tout se mélange, et où vous cherchez un peu de respiration visuelle. Le claustra apporte trois choses d’un coup :
- un repère dans l’espace (vous savez où commence “le salon”, où finit “l’entrée”)
- une intimité légère (vous n’êtes pas exposé dès que la porte s’ouvre)
- une lumière qui continue de circuler
Autre point : il donne du relief sans charger. Une cloison pleine impose un choix net. Le claustra suggère. Il laisse une marge. C’est exactement ce qu’on attend d’une séparation dans un espace de vie moderne.
Les usages qui valent vraiment le coup, pièce par pièce
Avant de choisir un modèle ou une matière, posez-vous une question : où avez-vous besoin d’une séparation ? Le claustra n’a pas vocation à être partout. Il prend tout son sens quand il répond à un usage précis, dans une pièce donnée. Voici les situations où il apporte un vrai plus, sans alourdir.
Dans l’entrée
C’est l’un des meilleurs emplacements. Un claustra bien choisi peut cacher un portemanteau, un banc, un meuble à chaussures. Vous évitez l’effet “couloir qui débouche sur le salon”.
Entre cuisine et salon
Si votre cuisine ouverte donne une vue directe sur l’évier, un claustra partiel aide. L’idée n’est pas de masquer totalement, mais d’éviter que le regard accroche le désordre du quotidien.
Dans un salon
Il peut créer un coin lecture, un espace jeux pour enfants, ou cadrer un bureau. Pratique quand vous travaillez dans la pièce de vie et que vous voulez une frontière nette, sans enfermer.
Dans une chambre
Vous pouvez séparer un coin dressing, ou découper un espace beauté où vous avez installé une coiffeuse bien décorée, sans construire une cloison qui assombrit. Dans une chambre, ce type de séparation garde une atmosphère légère tout en créant une vraie limite visuelle. C’est aussi pour cette raison que le claustra plaît de plus en plus dans les suites parentales et les chambres aux volumes ouverts.
Dans une salle de bain
Avec prudence sur les matériaux. Un claustra peut filtrer la zone WC, ou créer un écran près d’une baignoire. Il faut toutefois penser à l’humidité, au nettoyage et à la stabilité.
Bois, métal, plâtre, terre cuite : choisir la matière
La matière influence l’atmosphère de la pièce, mais aussi la façon dont vous allez vivre avec votre claustra au quotidien. Un bois ne demandera pas le même entretien qu’un métal laqué ou qu’une structure maçonnée. Et selon l’humidité, la lumière ou le passage, certains choix seront plus cohérents.
Le bois (tasseaux, panneaux ajourés, lames)
Le bois apporte une présence douce et naturelle dans une picèe. Il s’adapte à beaucoup de styles, du plus contemporain au plus épuré. Mais il ne s’improvise pas : une finition bien appliquée est nécessaire, et dans une pièce humide, il faut anticiper les variations et protéger correctement la surface.
Le métal
Le métal donne un rendu plus graphique, avec des lignes franches et bien dessinées. Il peut être peint ou thermolaqué pour s’adapter à votre palette et créer un contraste net dans la pièce. En revanche, les profils fins supportent mal les chocs répétés, surtout dans les zones de passage fréquent.
Selon le dessin choisi, vous pouvez aussi transformer un claustra en aluminium en œuvre d’art, presque comme une sculpture intégrée à l’espace. Un motif découpé au laser ou une trame sur mesure donne du caractère. Mais plus le dessin est marqué, plus il faut rester sobre autour, pour éviter la surcharge visuelle.
Le plâtre (ou une structure maçonnée ajourée)
C’est une option intéressante si vous recherchez un effet « architectural » affirmé, intégré au bâti. La structure est plus lourde, plus engageante, et difficile à modifier une fois en place. En contrepartie, le rendu peut être très harmonieux, surtout dans des intérieurs sobres aux lignes nettes.
La terre cuite, les briques ajourées
Les claustras en briques ajourées reviennent dans les projets, avec un esprit méditerranéen marqué. Ils apportent du relief et une vraie présence visuelle dans la pièce. Mais le poids est conséquent, le support doit être solide, et les reliefs retiennent facilement la poussière. Mieux vaut y penser avant la pose.
Votre question de départ peut être très terre-à-terre : est-ce que vous voulez une séparation que vous pourrez démonter dans deux ans ? Si oui, le bois et certains systèmes métal sont plus adaptés. Si vous cherchez un geste durable, plus intégré au bâti, plâtre ou brique deviennent cohérents.
Le dessin : rythme, largeur des ajours, hauteur
Un claustra réussi, ce n’est pas juste “des lattes verticales”. C’est un rythme.
Trois points à regarder avant de choisir :
- l’écart entre éléments : plus l’écart est grand, plus l’effet est décoratif et moins l’intimité est réelle
- l’épaisseur : trop fin, ça fait fragile ; trop épais, ça devient massif
- la hauteur : mi-hauteur = séparation douce ; pleine hauteur = vraie structuration du volume
Un bon test est de vous placer à l’endroit où vous serez le plus. Canapé, table à manger, plan de travail. Imaginez la ligne de vue. Est-ce que vous voyez la porte d’entrée ? l’évier ? le couloir ? Si le claustra ne règle rien à cet endroit-là, il va juste ajouter un motif dans votre décoration intérieure.
Lumière et intimité : trouver le bon dosage
Le piège, c’est de vouloir tout régler avec le même objet : cacher, séparer, décorer, protéger du bruit. Le claustra n’est pas un mur. Et c’est très bien comme ça. Si vous cherchez surtout l’intimité :
- privilégiez une trame serrée
- pensez à une hauteur suffisante
- placez-le là où il coupe la vue directe, pas là où il “fait joli”
Si vous cherchez surtout la lumière :
- laissez respirer la trame
- évitez les teintes très sombres si la pièce manque déjà de clarté
- attention au placement face à une fenêtre : un motif trop marqué peut créer un effet de zébrures peu agréable selon l’ensoleillement
Et si vous hésitez, une solution fonctionne bien : un claustra partiel + un meuble bas (banc, console, bibliothèque). Vous gagnez du rangement, et vous maîtrisez mieux la frontière.
Sur-mesure, kit, artisan : quelle voie choisir
Vous avez trois chemins.
Le kit prêt à poser
Bien si vous voulez un résultat rapide, avec des dimensions standard. Regardez la qualité des fixations et la rigidité. Un kit trop léger peut donner un rendu “bricolage”, même s’il est neuf.
Le claustra fait maison (tasseaux)
Possible, mais il faut être honnête sur la précision. Les écarts se voient. Les découpes aussi. Si vous n’avez pas les outils, vous risquez de passer beaucoup de temps pour un rendu moyen. Faites découper en magasin, ou par un menuisier, si vous voulez garder le budget sous contrôle sans sacrifier la netteté.
Le sur-mesure par un artisan
C’est le meilleur choix si votre logement a des murs pas droits, un plafond irrégulier, ou si vous voulez une intégration avec un meuble. Le prix monte, mais vous payez la tranquillité : ajustements, finitions, fixations, alignements. Vous gagnez aussi en cohérence visuelle, car chaque détail est pensé pour votre pièce. Et si un imprévu apparaît à la pose, il est géré sur place, sans bricolage de dernière minute.
Budget et erreurs classiques
Côté budget, le grand écart est réel selon le fournisseur ou l’entreprise. Un claustra en tasseaux peut être “raisonnable” si vous restez sur une structure droite et une finition peinture. Une version sur-mesure, en bois noble, avec intégration à un meuble, grimpe vite. Les erreurs qui reviennent :
- choisir un motif très marqué dans une pièce déjà chargée visuellement
- placer le claustra là où il n’a aucun effet sur les lignes de vue
- négliger la fixation (et découvrir les vibrations au quotidien)
- oublier la poussière et se lasser au bout de quelques mois
- copier une photo vue en ligne sans adapter aux proportions de votre pièce
Un bon réflexe : prenez une photo de votre pièce depuis deux angles, puis tracez au doigt sur l’écran l’emplacement envisagé. Est-ce que ça clarifie l’espace ? Est-ce que ça coupe une vue gênante ? Si la réponse est floue, attendez. Le claustra ne doit pas être un pansement décoratif.
Dernier conseil avant de vous lancer
Le claustra fonctionne dans un intérieur quand il répond à un besoin concret : structurer, filtrer, guider. Il fonctionne moins bien quand il n’est là que pour “faire tendance”.
Si vous devez garder une idée en tête : partez de votre usage. Où posez-vous vos clés ? Où se posent les sacs ? Depuis le canapé, qu’est-ce que vous voyez ? Où passe-t-on, naturellement, dans la pièce ? Quand vous répondez à ces questions, l’emplacement et le dessin deviennent plus évidents.
Et si vous hésitez entre deux options, choisissez celle qui vous laisse une porte de sortie. Une séparation démontable, une trame moins marquée, une finition neutre. Vous vivrez mieux avec.