Il y a toujours quelques semaines dans l’année où le chauffage devient une question presque agaçante. Le matin, vous cherchez vos chaussettes épaisses. À midi, le soleil chauffe la baie vitrée. À 18 heures, la maison semble avoir perdu cinq degrés d’un seul coup. Allumer le chauffage central paraît excessif, mais passer la soirée avec une couverture sur les épaules n’a rien de très réjouissant non plus.
Voilà toute l’étrangeté de la mi-saison.
Au printemps comme en automne, les températures jouent au yo-yo. Une journée douce peut être suivie d’une nuit franchement fraîche. Dans une maison ancienne, l’écart se sent encore davantage : les murs ont emmagasiné du froid pendant plusieurs jours et ne se réchauffent pas au premier rayon de soleil. Dans un appartement récent, le problème prend parfois une autre forme, avec des pièces vitrées qui chauffent rapidement avant de se refroidir dès que la lumière baisse.
Se chauffer durant cette période demande donc un peu plus de finesse que de tourner un thermostat.
Commencez par chauffer votre corps avant la maison
Cela peut sembler presque trop simple. Pourtant, quelques degrés de confort corporel évitent parfois de mettre en marche plusieurs radiateurs.
Un pull fin en laine, des chaussons fermés et un pantalon plus épais suffisent fréquemment à rendre une pièce à 19 °C agréable. Cela ne veut pas dire vivre emmitouflé du matin au soir. Il s’agit plutôt d’éviter ce réflexe assez courant qui consiste à chauffer tout un logement parce que vous avez froid aux pieds en travaillant devant un ordinateur.
Les extrémités comptent beaucoup. Pieds froids, mains fraîches, nuque exposée : la sensation thermique chute très rapidement, même lorsque le thermomètre affiche une valeur raisonnable.
J’ai toujours trouvé amusant le contraste entre certaines maisons chauffées à 22 °C et leurs occupants en tee-shirt. Une paire de chaussettes aurait parfois fait le même travail avec nettement moins d’énergie.
Le soir, le plaid reprend aussi du service. Pas besoin d’en faire un symbole de sobriété héroïque. Un canapé, un livre, une couverture légère : dans une pièce légèrement fraîche, le confort revient très vite.
Profitez du soleil comme d’un chauffage gratuit
Une fenêtre exposée au sud peut fournir une quantité surprenante de chaleur durant une journée claire d’octobre ou de mars.
Ouvrez les rideaux dès que le soleil atteint les vitrages. Les sols, les meubles et les murs absorbent une partie de cette chaleur, puis la diffusent durant plusieurs heures. Un carrelage sombre ou un mur maçonné situé face à une grande fenêtre joue presque le rôle d’un petit accumulateur thermique.
À l’inverse, dès que le soleil disparaît, fermez volets et rideaux.
Un vitrage froid crée une sensation désagréable même lorsque la température de l’air semble correcte. Vous pouvez d’ailleurs le constater simplement : approchez votre main d’une grande fenêtre par une soirée fraîche. Sans même la toucher, vous sentez parfois une zone plus froide à quelques centimètres du verre.
Des rideaux épais réduisent cet inconfort. Ils ne transforment évidemment pas une vieille fenêtre en vitrage neuf, mais ils créent une barrière supplémentaire entre la pièce et la surface froide.
Attention toutefois aux rideaux qui couvrent un radiateur placé sous la fenêtre. Dans ce cas, une bonne partie de la chaleur finit derrière le tissu. Elle chauffe surtout le vitrage, ce qui n’était probablement pas votre projet.
Ne chauffez pas automatiquement toutes les pièces
La mi-saison se prête bien au chauffage ciblé.
Vous travaillez deux heures dans un bureau ? Chauffez ce bureau. Vous passez ensuite la soirée dans le salon ? Déplacez éventuellement votre appareil d’appoint ou programmez le chauffage de cette pièce.
Une chambre n’a aucune raison d’être chauffée comme un séjour pendant toute la journée lorsqu’elle n’est utilisée que la nuit.
Cette logique paraît évidente sur le papier, mais les installations centralisées nous ont habitués à chauffer plusieurs volumes simultanément. Or, durant une période où les besoins sont faibles, quelques pièces peuvent très bien conserver une température correcte sans apport supplémentaire.
Fermer les portes aide aussi. Un petit bureau de 10 m² atteint rapidement une température confortable lorsque la porte est fermée. Avec la porte grande ouverte sur un couloir et une cage d’escalier, vous chauffez soudain un volume bien plus vaste.
L’escalier, d’ailleurs, possède un talent remarquable pour avaler l’air chaud.
Aérez franchement, mais brièvement
Une maison humide paraît plus froide.
C’est l’un de ces phénomènes que l’on remarque davantage dans les logements occupés toute la journée, avec cuisine, douches, linge qui sèche et respiration des occupants. Une atmosphère chargée d’humidité devient vite inconfortable lorsque la température baisse.
Aérer demeure donc nécessaire, même lorsque l’air extérieur pique un peu.
Le bon réflexe consiste plutôt à ouvrir largement les fenêtres pendant quelques minutes qu’à laisser un battant entrouvert durant une heure. Vous renouvelez ainsi l’air sans refroidir profondément les murs, le mobilier et les sols.
Selon la météo et la configuration du logement, cinq à dix minutes peuvent suffire.
Profitez si possible du moment le plus doux de la journée. Une ouverture à 14 heures sous un soleil d’automne n’a pas le même effet qu’une fenêtre ouverte à 7 heures alors que le thermomètre extérieur affiche 5 °C.
Petit détail souvent négligé : après une douche, fermez la porte de la salle de bains et évacuez l’humidité directement par la fenêtre ou la ventilation. Laisser la vapeur se diffuser dans tout le logement finit rarement par rendre l’atmosphère plus agréable.
Le radiateur d’appoint mérite mieux que son image de grille-pain géant
C’est probablement l’appareil le plus pratique durant ces quelques semaines hésitantes.
Vous le branchez dans la pièce occupée, vous le coupez lorsque vous partez et vous évitez de lancer une chaudière ou une pompe à chaleur pour une courte période. À condition, bien sûr, de choisir un appareil adapté à cet usage.
Tous les chauffages électriques mobiles ne procurent pas la même sensation.
Un convecteur chauffe rapidement l’air. Il convient bien lorsqu’une pièce froide doit gagner quelques degrés en peu de temps. Un radiateur à bain d’huile monte plus lentement en température, mais sa chaleur se diffuse de façon plus douce et continue. Les panneaux rayonnants, eux, donnent une sensation presque immédiate lorsqu’on se trouve devant l’appareil.
Si vous comparez les critères à privilégier pour l’achat d’un radiateur électrique mobile, regardez d’abord la puissance, la présence d’un thermostat réglable, la stabilité de l’appareil, la protection contre la surchauffe et la facilité de déplacement. Une minuterie ou une programmation peut aussi avoir du sens si vous utilisez l’appareil chaque matin dans la même pièce.
Ne vous laissez pas hypnotiser par les puissances élevées.
Un appareil de 2 500 W n’est pas automatiquement préférable à un modèle de 1 500 W. Dans une petite pièce correctement isolée, la puissance supplémentaire risque simplement de provoquer des cycles rapides de chauffe et d’arrêt.
La taille de la pièce, son isolation et la température extérieure comptent davantage que le chiffre imprimé en gros sur l’emballage.
Cherchez les courants d’air avant de monter le thermostat
Parfois, vous n’avez pas réellement froid à cause de la température moyenne de la pièce. Vous avez froid parce qu’un filet d’air passe sous une porte ou le long d’une fenêtre.
La différence paraît subtile. Elle ne l’est pas lorsqu’on travaille trois heures à cinquante centimètres du courant d’air.
Un soir venteux constitue d’ailleurs un excellent moment pour repérer ces passages. Passez lentement la main autour des huisseries, près des coffres de volets roulants ou au bas des portes donnant sur un garage.
Une simple fuite peut rendre tout un coin de pièce désagréable.
Plusieurs petites corrections méritent alors votre attention :
- poser un joint adapté autour d’une fenêtre ancienne ;
- installer un bas de porte lorsque l’air passe sous le battant ;
- vérifier la fermeture des fenêtres et le réglage des ferrures ;
- éviter de placer votre fauteuil ou votre bureau directement dans une zone froide ;
- fermer les volets dès que la température extérieure chute.
Ce sont de petits gestes, certes. Mais une maison sans courant d’air paraît immédiatement plus chaude à température égale.
Faites attention aux pièces que vous laissez trop refroidir
Réduire le chauffage dans les espaces inutilisés a du sens. Les transformer en chambres froides en a beaucoup moins.
Lorsqu’une pièce devient très froide, ses murs et son mobilier perdent une grande quantité de chaleur. Si vous décidez ensuite de la réchauffer rapidement, l’air monte assez vite en température, tandis que les surfaces demeurent froides pendant un moment.
Vous obtenez alors cette sensation étrange d’une pièce annoncée à 19 °C par le thermostat mais encore peu accueillante.
Dans les logements sujets à l’humidité, des températures très basses peuvent aussi favoriser la condensation sur certains murs.
Mieux vaut donc abaisser raisonnablement la température que couper systématiquement tout apport de chaleur durant plusieurs jours.
La bonne stratégie dépend beaucoup du bâtiment. Une maison récente très isolée conserve sa chaleur longtemps. Une bâtisse en pierre, après trois journées fraîches et humides, demande davantage de temps pour retrouver une atmosphère confortable.
Les chiffres universels ont leurs limites.
Cuisinez sans négliger la chaleur produite
Un four, une plaque de cuisson ou simplement plusieurs casseroles en fonctionnement dégagent de la chaleur.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut utiliser votre four comme chauffage. Ce serait coûteux, peu judicieux et potentiellement dangereux.
Mais lorsque vous préparez un repas chaud, la cuisine gagne naturellement quelques degrés. Dans une cuisine ouverte, cette chaleur se diffuse aussi vers le séjour.
Après avoir utilisé le four, vous pouvez laisser sa porte fermée : la chaleur résiduelle traversera progressivement les parois de l’appareil. Inutile de l’ouvrir volontairement. Les fabricants ne conçoivent pas les portes de four comme des radiateurs et une ouverture brutale expose aussi aux brûlures, surtout avec des enfants à proximité.
Les plats mijotés ont, eux, un avantage assez plaisant en automne : ils chauffent un peu la pièce et nettement mieux l’humeur.
Une soupe qui frémit pendant quarante minutes n’a jamais fait baisser la sensation de saison froide.
Utilisez les textiles là où ils servent réellement
Un tapis ne chauffe rien. Pourtant, marcher sur un carrelage froid et marcher sur un tapis à la même température donnent deux sensations complètement différentes.
Le corps perd de la chaleur au contact des surfaces froides. Sur un sol minéral, ce phénomène se ressent très vite.
Un tapis placé près du canapé, sous un bureau ou au pied du lit apporte donc un confort très concret pendant la mi-saison.
Même logique pour les fauteuils. Un canapé en cuir froid peut sembler nettement moins accueillant qu’un canapé textile lorsque la pièce atteint seulement 18 ou 19 °C. Un plaid posé sur l’assise corrige immédiatement cette sensation.
Côté fenêtres, des rideaux doublés limitent aussi l’impression de paroi froide.
Vous n’avez pas besoin de transformer votre intérieur en chalet alpin dès le 15 septembre. Quelques textiles placés aux bons endroits suffisent.
Ne poursuivez pas une température parfaite toute la journée
Les thermostats ont créé une curieuse habitude : celle de vouloir maintenir exactement la même température du matin au soir.
En mi-saison, cette rigidité n’a pas toujours beaucoup de sens.
Une pièce à 18,5 °C au réveil peut monter naturellement à 20 °C deux heures plus tard grâce au soleil. Lancer le chauffage pour gagner immédiatement 1,5 °C revient parfois à produire de la chaleur quelques minutes avant que la météo ne fasse le travail gratuitement.
Regardez donc ce qui se passe réellement dans le logement.
Quelle façade reçoit le soleil ? À quelle heure ? Quelles pièces refroidissent le plus rapidement ? Où passez-vous vos soirées ? Votre chambre conserve-t-elle mieux la chaleur que le salon ?
Au bout de quelques jours, vous repérez une sorte de rythme thermique propre à votre maison.
C’est beaucoup plus instructif qu’un conseil du type « réglez partout à telle température ».
La bouillotte : archaïque, mais difficile à battre
Elle coûte peu, consomme une quantité minuscule d’énergie pour chauffer l’eau et produit une chaleur localisée très agréable.
Dans un lit frais, une bouillotte placée dix minutes avant de se coucher évite parfois de chauffer toute la chambre davantage. Même chose sur le canapé lorsque vous avez simplement les pieds froids.
Les modèles actuels prennent toutes les formes possibles, mais la vieille poche en caoutchouc fait toujours très bien son travail.
Quelques précautions s’imposent : évitez l’eau bouillante, vérifiez régulièrement l’état de la poche et ne la remplissez pas complètement. Une bouillotte usée ou trop pleine peut fuir.
Le coussin chauffant électrique offre une autre option pour le canapé ou le bureau. Sa consommation est généralement bien inférieure à celle d’un radiateur, puisqu’il chauffe directement une petite zone plutôt que plusieurs dizaines de mètres cubes d’air.
Pensez aux activités qui vous immobilisent
Le froid se fait beaucoup plus sentir lorsqu’on ne bouge pas.
Vous pouvez trouver une pièce parfaitement agréable en faisant le ménage puis commencer à frissonner vingt minutes plus tard devant un écran. La température n’a quasiment pas changé. Votre métabolisme, oui.
C’est pour cette raison que le chauffage ciblé prend tout son sens autour d’un bureau.
Avant d’augmenter la température de toute la pièce, regardez aussi la position de votre poste de travail. Un bureau contre un mur extérieur froid ou sous une fenêtre donne fréquemment une sensation thermique médiocre.
Déplacer une table de cinquante centimètres peut parfois apporter plus de confort que gagner un degré sur le thermostat.
Ce genre de détail ne figure presque jamais dans les modes d’emploi. Pourtant, dans la vraie vie, il compte énormément.
FAQ
À partir de quelle température faut-il remettre le chauffage ?
Il n’existe pas de seuil unique. Tout dépend du logement, de l’humidité, de votre activité et de la température des murs. Beaucoup de personnes commencent à ressentir une gêne lorsque les pièces de vie descendent sous 18 ou 19 °C, surtout en position assise.
Observez davantage votre confort réel que le calendrier. Une journée froide en septembre peut justifier quelques heures de chauffage, alors qu’un après-midi ensoleillé de novembre peut rendre tout apport inutile.
Un chauffage d’appoint consomme-t-il beaucoup d’électricité ?
Sa consommation dépend directement de sa puissance et de sa durée de fonctionnement. Un appareil de 1 500 W fonctionnant à pleine puissance pendant une heure utilise 1,5 kWh.
L’intérêt du chauffage mobile vient surtout de son usage localisé. Chauffer un bureau pendant deux heures peut coûter moins cher que mettre en route un système destiné à plusieurs pièces.
Faut-il couper totalement le chauffage la nuit ?
Cela dépend de l’inertie thermique du logement. Dans une habitation bien isolée, une baisse nocturne peut très bien convenir. Dans une maison qui refroidit rapidement, une chute trop forte oblige ensuite le système à fonctionner plus longtemps au réveil et peut créer une sensation de murs froids.
Une température légèrement abaissée durant la nuit constitue souvent un compromis confortable.
Quelle température choisir dans une chambre ?
Une chambre légèrement fraîche convient à de nombreuses personnes. Autour de 17 à 19 °C, selon votre literie et vos habitudes, le confort nocturne est généralement satisfaisant.
Une couette adaptée à la saison joue ici un rôle considérable. Chauffer une chambre à 21 °C tout en dormant sous une couette hivernale épaisse mène souvent à une nuit trop chaude.
Le radiateur à bain d’huile convient-il à la mi-saison ?
Oui, surtout lorsqu’une chaleur douce est recherchée durant plusieurs heures. Il met davantage de temps à chauffer qu’un convecteur soufflant, mais sa masse continue à diffuser de la chaleur après l’arrêt de la résistance.
Pour dix minutes dans une salle de bains, un appareil très réactif sera probablement plus adapté. Pour une soirée dans un bureau ou un salon, le bain d’huile peut se montrer agréable.
Fermer les volets aide-t-il vraiment à conserver la chaleur ?
Oui. Un volet fermé crée une couche d’air supplémentaire devant la fenêtre et réduit les échanges thermiques avec l’extérieur.
L’effet varie selon le type de vitrage et de volet, mais le geste reste pertinent dès la tombée de la nuit, surtout lorsque les fenêtres sont anciennes.
Est-ce une bonne idée de laisser le chauffage allumé toute la journée à faible puissance ?
Pas systématiquement. Si le logement est vide durant huit heures et conserve correctement sa température, maintenir toutes les pièces chaudes n’a guère d’intérêt.
Une programmation qui réduit la température pendant l’absence puis relance le chauffage avant votre retour correspond mieux à de nombreuses situations.
Pourquoi ai-je froid alors que le thermomètre indique 20 °C ?
Parce que votre confort dépend aussi de la température des murs, du sol, des fenêtres, des courants d’air et de l’humidité.
Vous pouvez avoir un air à 20 °C dans une pièce entourée de surfaces froides et vous sentir moins bien qu’à 19 °C dans une pièce dont les murs et le sol sont plus chauds.
C’est toute la raison pour laquelle la mi-saison demande un peu d’observation. Le chiffre du thermostat raconte seulement une partie de l’histoire.