Un chapeau de cheminée joue sur trois points très concrets : la pluie qui descend dans le conduit, les oiseaux (et parfois les nids), et le tirage quand le vent tourne. C’est aussi un élément exposé, donc soumis aux rafales, au gel, aux dilatations et à la corrosion. Autrement dit : une pose approximative peut vite se payer en refoulements, en odeurs froides dans la maison, ou en entretien plus pénible.
J’ai en tête le cas d’une maison de bord de mer : le propriétaire avait choisi un chapeau « universel » posé trop bas sur la sortie. Résultat : dès que le vent passait en latéral, la fumée revenait dans le séjour. Le poêle était en cause… jusqu’au jour où un fumiste a relevé le chapeau et remplacé le modèle par un anti-refoulement adapté. Les refoulements ont cessé. Cette petite pièce change la donne, mais à condition d’être cohérente avec le conduit et le site. Voici quelques conseils pour l’installer.
À quoi sert un chapeau de cheminée ?
Le rôle premier est d’éviter que l’eau de pluie ne tombe dans le conduit. Sur un conduit maçonné, l’humidité accélère l’encrassement, attaque les joints et peut finir par tacher les plafonds au droit du conduit. Sur un conduit métallique, l’eau contribue à la corrosion et à la formation de condensats.
Le chapeau limite aussi l’entrée d’animaux. Les oiseaux adorent les conduits tièdes au printemps. Un grillage adapté évite les nids sans gêner l’évacuation des fumées.
Un dernier point est le vent. Selon la configuration (faîtage, arbres, obstacles proches), le vent peut créer des surpressions et favoriser les retours de fumées. La règle des 40 cm au-dessus du faîtage et des obstacles dans un rayon de 8 mètres est justement pensée pour réduire ce risque. Elle est largement associée au DTU 24.1, généralement rappelée par les fabricants de conduits.
Vérifier si votre sortie de toit est bien positionnée
Avant même de choisir un chapeau de cheminée, vérifiez la sortie du conduit. Si le débouché est trop bas, aucun accessoire ne corrigera durablement un mauvais positionnement.
En France, la règle fréquemment citée est la suivante : la partie extérieure du conduit doit dépasser d’au moins 40 cm le faîtage, et aussi toute partie de construction ou obstacle situé à moins de 8 m.
Sur des toits à faible pente ou toitures-terrasses, d’autres hauteurs minimales existent (notamment autour de 1,20 m au-dessus du point de sortie, et une référence à l’acrotère selon sa hauteur).
Si vous êtes dans une zone ventée, cette vérification vaut le temps passé. Les zones de pression créées par le vent sont une cause classique de refoulement dans une cheminée.
Choisir le bon modèle selon votre usage
On trouve quatre familles courantes :
- Chapeau pare-pluie : protège de l’eau, adapté à beaucoup de conduits, à condition de garder une section de sortie suffisante.
- Chapeau avec grille anti-oiseaux : utile si vous avez déjà eu un nid ou des intrusions.
- Chapeau anti-refoulement : conçu pour limiter les retours de fumées liés au vent.
- Aspirateur statique / extracteur éolien : cas plus spécifique, à réserver aux situations où le tirage est problématique et après diagnostic, car ces systèmes peuvent modifier le fonctionnement attendu.
Un point à retenir : un chapeau de cheminée ne doit pas « étouffer » le conduit. Un modèle trop fermé, trop proche de la sortie, ou mal dimensionné peut dégrader le tirage. Certains guides d’installation insistent sur ce compromis : ni trop haut (pluie), ni trop près (tirage).
Dimensionnement et compatibilités
Trois vérifications font gagner du temps :
Le diamètre et la section utile
Sur un conduit métallique, le chapeau est dimensionné au diamètre du conduit. Sur un conduit maçonné, on raisonne plutôt en dimensions intérieures, avec une platine ou une embase adaptée.
Le combustible et la température
Bois, granulés, fioul, gaz : les fumées et condensats ne se comportent pas pareil. Sur le bois, l’encrassement est plus marqué. Sur le gaz, les condensats peuvent être plus corrosifs selon la configuration. Choisissez un matériau cohérent (inox adapté) et un produit annoncé pour l’usage visé. Les normes produit existent pour les chapeaux pare-pluie en contact avec les fumées.
Le matériau et l’environnement
En bord de mer, l’air salin est impitoyable : l’inox de qualité est préférable. En montagne, gel/dégel et charges de neige comptent. Dans une zone arborée, la grille anti-oiseaux devient vite utile.
Sécurité sur toiture : ne prenez pas ce chantier à la légère
La pose se fait en hauteur, parfois sur une souche instable, et avec des outils. Les chutes restent le risque principal. Si vous n’avez pas l’équipement et l’habitude (échelle sécurisée, harnais, points d’ancrage, chaussures adaptées), déléguez à un couvreur ou un fumiste. Même avec de l’expérience, gardez une règle de base : on ne travaille pas sur un toit humide, gelé, ou par vent fort. Et on évite d’être seul.
Pose sur conduit maçonné
Sur une souche maçonnée, l’enjeu est la stabilité et l’étanchéité du sommet, sans enfermer l’humidité.
- Nettoyer et contrôler la tête de cheminée
Retirez mousses, débris, ancien chapeau. Inspectez les joints et la dalle de couronnement. Si la tête est fissurée, réparez. Poser un chapeau sur une maçonnerie dégradée ne règle rien. - Prévoir une embase adaptée
Beaucoup de chapeaux se fixent sur une plaque ou une embase chevillée. Le scellement doit résister au vent. Évitez les fixations improvisées qui rouillent. - Garder une sortie dégagée
Le chapeau ne doit pas réduire la section de sortie de façon excessive. L’erreur courante : un chapeau décoratif trop « fermé » qui perturbe les fumées. - Soigner la fixation, pas la sur-étanchéité
On voit parfois des chapeaux collés au mortier partout. Mauvaise idée si cela piège l’eau et accélère les dégradations. Une tête de cheminée doit gérer la pluie et aussi sécher.
Si votre conduit maçonné est tubé, pensez aussi aux prescriptions liées au tubage (espace annulaire, ventilation, accessoires fournis par le fabricant du conduit).
Pose sur conduit métallique
Sur un conduit inox, la pose est plus rapide, mais demande de respecter le système :
- Choisir le chapeau du même système quand c’est un conduit « système » (compatibilité mécanique, dilatation, verrouillage).
- Fixer selon la notice : collier, brides, emboîtement, vis. Évitez les vis au hasard qui peuvent créer des points faibles ou déformer le tube.
- Contrôler la tenue au vent : un terminal en toiture subit des efforts. Un montage approximatif peut vibrer, se desserrer, ou partir lors d’une tempête.
Si vous avez un doute sur la tenue ou la compatibilité, un fumiste a l’habitude de ces assemblages et engage sa responsabilité. Il saura aussi vérifier que l’installation respecte le fonctionnement prévu de votre appareil, sans perturber le tirage. Cette cohérence participe directement aux avantages du poêle à granulés, notamment en matière de combustion stable et de confort d’usage. Vous évitez ainsi des réglages empiriques et des interventions répétées après la mise en service.
Réglages contre les refoulements
Si votre objectif est de limiter les retours de fumée, ne misez pas tout sur l’accessoire.
Faites un petit diagnostic :
- Hauteur et zone de sortie : un débouché trop bas se retrouve dans des turbulences et zones de pression. Cela favorise les retours de fumées lors des vents latéraux ou irréguliers.
- Obstacles proches : une avancée de toiture, un mur plus haut, un arbre proche peuvent perturber le flux d’air. Ils créent des zones de dépression qui déstabilisent l’évacuation des fumées.
- Chapeau trop proche de la sortie : cela peut casser le tirage.
- Encrassement : un conduit encrassé tire mal. Et un chapeau de cheminée peut accélérer l’accumulation de suies si le modèle favorise les dépôts.
Si les refoulements sont fréquents, traitez le sujet comme un ensemble : position du débouché, état du conduit, réglage de l’appareil, et choix du chapeau.
Entretien et obligations : pensez au ramonage
Un chapeau se choisit aussi selon l’entretien. Une grille trop fine se colmate plus vite. Un modèle difficile à déposer rend le ramonage pénible. Cherchez un système démontable sans lutte.
Côté réglementation, le ramonage des conduits de fumées est encadré (voir quand, pourquoi et comment faire ramoner votre cheminée) : un texte récent dans le Code de la santé publique indique un ramonage au moins tous les douze mois, avec possibilité de fréquence plus élevée selon des arrêtés locaux. Dans la pratique, les règles peuvent varier selon les communes et les règlements sanitaires locaux.
Gardez aussi en tête l’aspect assurance : en cas de sinistre, on vous demandera un justificatif de ramonage. Un chapeau qui se démonte facilement et ne piège pas les suies vous évite des complications.
Derniers contrôles avant la première flambée
Une fois le chapeau posé :
- Vérifiez qu’il est stable : pas de jeu, pas de vibration au vent.
- Regardez l’alignement : un chapeau de travers favorise parfois les entrées d’eau.
- Assurez-vous que la sortie reste dégagée.
- Faites un test à petite allure : une première flambée modérée permet d’observer le tirage et de voir si la fumée s’évacue bien, sans odeur de retour dans la pièce.
Si vous constatez une fumée hésitante, des refoulements, ou un bruit de battement au vent, stoppez l’usage et faites vérifier. Sur un conduit, ce genre de signal mérite d’être pris au sérieux.
Bonjour
Merci pour ces précieux conseils, car je dois faire venir des installateurs, je saurais de quoi ils parlent ou ne parlent pas !!!