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Comment changer de syndic de copropriété : étapes à suivre

Réunion de copropriétaires pour choisir un gestionnaire

Changer de syndic ne consiste pas à remercier poliment l’ancien gestionnaire dans le hall de l’immeuble avant de confier les clés au suivant. La copropriété doit respecter une procédure précise, faire inscrire les bonnes résolutions à l’ordre du jour et réunir la majorité requise en assemblée générale. Une maladresse dans le calendrier ou un contrat oublié dans la convocation peut fragiliser le vote.

La démarche se prépare donc plusieurs mois avant l’échéance du mandat. Je vous conseille de la traiter comme un passage de relais : il faut choisir le prochain coureur, fixer la ligne de transmission et éviter que le témoin ne tombe entre deux cabinets. Voici comment organiser ce changement sans laisser l’immeuble sans représentant légal.

L’essentiel

  • Vérifiez la date exacte de fin du mandat figurant dans le contrat actuel.
  • Comparez plusieurs projets de contrat et leurs fiches tarifaires.
  • Demandez assez tôt leur inscription à l’ordre du jour de l’assemblée générale.
  • Faites voter séparément chaque candidature à la majorité de l’article 25.
  • Surveillez la remise des comptes, archives et accès numériques après le vote.

Regarder la date du mandat

Un contrat de syndic est conclu pour une durée déterminée, généralement comprise entre un et trois ans. Il indique une date de début et une date de fin. Aucun renouvellement tacite ne prolonge automatiquement ce mandat : les copropriétaires doivent voter un nouveau contrat, même s’ils souhaitent conserver le même cabinet.

Avant toute recherche, relisez donc le mandat en cours. Relevez son échéance, la date habituelle de l’assemblée générale annuelle et les conditions tarifaires prévues pour une réunion supplémentaire. Ce petit contrôle évite une situation assez cocasse sur le papier, beaucoup moins dans l’immeuble : découvrir trop tard que le syndic n’a plus qualité pour convoquer l’assemblée.

Le changement en fin de mandat demeure la voie la plus paisible. Aucun reproche grave n’a besoin d’être démontré et le syndic sortant ne peut pas réclamer une indemnité au seul motif que son contrat n’est pas reconduit. Il faut toutefois organiser l’assemblée appelée à désigner son successeur dans les trois mois précédant l’échéance du mandat.

Je recommande de lancer les recherches quatre à six mois avant cette assemblée. Vous aurez alors le temps de mettre en concurrence un syndic de copropriété, d’étudier les offres et de présenter aux autres propriétaires des candidatures réellement comparables.

Examiner la situation de l’immeuble avant de consulter

Le bon syndic n’est pas forcément celui qui affiche le forfait annuel le plus bas. Son profil doit correspondre à la copropriété. Un ensemble de huit logements sans ascenseur n’a pas les mêmes besoins qu’une résidence de cent lots avec gardien, chauffage collectif, espaces verts et procédures de recouvrement en cours.

Dressez un portrait fidèle de l’immeuble : nombre de lots, budget annuel, équipements communs, contrats d’entretien, travaux votés ou envisagés, sinistres ouverts et montant des impayés. Ajoutez les difficultés rencontrées avec le gestionnaire actuel. S’agit-il de réponses tardives, de comptes peu lisibles, d’un suivi de chantier décevant ou d’honoraires supplémentaires trop fréquents ? Sans ce diagnostic, vous risquez de remplacer un nom sur la porte sans corriger les défauts de gestion.

Le conseil syndical peut solliciter plusieurs cabinets, mais tout copropriétaire possède également le droit de proposer un candidat. Dans chaque cas, demandez un projet complet de contrat conforme au modèle réglementé ainsi que la fiche d’information sur les prix et les prestations. Une simple brochure commerciale ne suffit pas pour soumettre la candidature au vote.

Comparer les contrats ligne par ligne

Les contrats types facilitent la lecture, mais ils ne rendent pas toutes les offres identiques. Le forfait de base, les prestations incluses, le coût des interventions hors forfait et l’organisation du cabinet varient beaucoup.

Point à comparerCe que vous devez vérifier
Forfait annuelMontant total, nombre de visites et réunions incluses
Gestionnaire attitréExpérience, nombre d’immeubles suivis et modalités de remplacement
Assemblée généraleDurée incluse, horaires couverts et coût des dépassements
Suivi des travauxMode de calcul des honoraires et présence lors des réunions de chantier
ImpayésRelances incluses, frais supplémentaires et rythme du suivi
Espace numériqueDocuments disponibles, fréquence des mises à jour et facilité d’usage
Prestations hors forfaitTarif horaire, frais de déplacement et coût des réunions supplémentaires
Durée proposéeDates précises de début et de fin du mandat

Je vous conseille aussi d’interroger le candidat sur sa méthode quotidienne. Qui répond aux copropriétaires ? Sous quel délai moyen ? Combien de copropriétés le gestionnaire suit-il ? Comment les urgences sont-elles traitées le soir ou le week-end ? Un contrat flatteur perd beaucoup de son charme lorsque chaque courriel s’égare dans une boîte sans fond.

La loi ALUR a renforcé l’encadrement du métier, la transparence des honoraires et la comparaison des contrats. Dans le régime actuel, le conseil syndical procède en principe à une mise en concurrence avant l’assemblée appelée à désigner ou reconduire le syndic. Cette obligation ne s’applique pas si la copropriété n’a pas de conseil syndical ou si l’assemblée précédente l’en a dispensé par un vote à la majorité absolue. Un copropriétaire peut néanmoins présenter un projet supplémentaire.

Faire inscrire les candidatures à l’ordre du jour

Une candidature ne peut pas surgir pendant l’assemblée générale entre la réfection de la cage d’escalier et la question des vélos dans le local à poussettes. Seules les résolutions annoncées dans l’ordre du jour peuvent être soumises au vote.

Le conseil syndical ou le copropriétaire porteur d’un projet doit adresser au syndic une demande d’inscription à l’ordre du jour. Cette demande est envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle comporte un projet de résolution pour chaque candidat, accompagné du projet de contrat correspondant.

N’attendez pas que la convocation soit en cours de préparation. Un copropriétaire peut demander l’ajout d’une question à tout moment, mais une requête reçue trop tard sera reportée à l’assemblée suivante. Or cette assemblée suivante peut se tenir après l’expiration du mandat actuel, ce qui ferait entrer la copropriété dans une zone juridique fort inconfortable.

La convocation doit, sauf urgence, parvenir aux copropriétaires au moins vingt et un jours avant la réunion. Le règlement de copropriété peut prévoir un délai plus long. Chaque projet de contrat soumis au vote doit être joint à cet envoi. Si l’assemblée élit un candidat dont le contrat n’était pas annexé, un copropriétaire opposant ou défaillant peut contester la décision.

Préparer les copropriétaires avant le vote

Une mise en concurrence menée dans le secret d’un échange de courriels entre trois membres du conseil syndical nourrit les soupçons. Présentez les offres avant l’assemblée, expliquez les écarts de prix et signalez les points faibles de chaque proposition. Les copropriétaires voteront avec davantage de discernement s’ils comprennent ce qu’ils achètent.

Le conseil syndical peut rédiger une courte note exposant son avis. Ce document peut accompagner la convocation. Je préfère une analyse mesurée à un plaidoyer trop passionné : changer de gestionnaire ne devrait pas tourner au procès public de l’ancien cabinet.

Pensez aussi à mobiliser les copropriétaires absents. Ils peuvent donner pouvoir à un mandataire ou voter par correspondance grâce au formulaire joint à la convocation. La majorité requise se calcule d’abord sur les voix de tous les copropriétaires, pas uniquement sur celles des personnes assises dans la salle. Une belle candidature peut donc échouer devant une rangée de chaises vides.

Voter selon la bonne majorité

Chaque candidature doit être soumise successivement au vote de l’assemblée générale. La désignation du syndic et l’approbation de son contrat relèvent de la majorité absolue de l’article 25, soit la majorité des voix de tous les copropriétaires de l’immeuble.

Dès qu’un candidat obtient cette majorité, il est élu. Les candidatures suivantes n’ont alors plus à être examinées. L’ordre de présentation mérite donc une rédaction attentive, même si l’assemblée conserve son pouvoir de décision.

Si aucun projet ne recueille la majorité absolue, mais qu’au moins l’un des candidats obtient un tiers des voix de tous les copropriétaires, un second vote immédiat peut avoir lieu. Il se déroule à la majorité simple de l’article 24, calculée sur les voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance.

L’assemblée fixe également la date de fin du contrat précédent et la date de prise d’effet du nouveau mandat. Celle-ci ne peut intervenir qu’au plus tôt un jour franc après la réunion. Cette précaution écarte le chevauchement de deux mandats et assure la continuité de la gestion.

Si aucun syndic n’est élu, la copropriété se retrouve sans représentant. Un ou plusieurs copropriétaires peuvent alors demander au président du tribunal judiciaire de désigner un syndic. La représentation par un avocat est requise, avec les frais et les délais que l’on imagine. Mieux vaut donc préparer plusieurs candidatures solides et favoriser la participation au vote.

Organiser la transmission après l’assemblée

Une fois le nouveau syndic élu, le travail ne s’arrête pas au procès-verbal. Le transfert des informations financières, des contrats, des archives et des accès numériques conditionne la reprise des dossiers.

Le syndic sortant dispose de quinze jours à compter de la fin de ses fonctions pour remettre la situation de trésorerie, les références des comptes bancaires du syndicat et les coordonnées de la banque. Il doit transmettre l’ensemble des documents et archives dans le mois, y compris les fichiers numériques liés à la gestion de l’immeuble.

Les comptes individuels des copropriétaires et les comptes du syndicat, après apurement et clôture, doivent être fournis dans les deux mois suivant l’expiration de ce premier délai d’un mois. En pratique, cette dernière échéance se situe donc trois mois après la cessation des fonctions.

Le conseil syndical gagnera à suivre ce passage de relais avec un tableau de contrôle partagé avec le nouveau gestionnaire. Il pourra vérifier la réception des contrats fournisseurs, des dossiers de sinistre, des procédures judiciaires, du carnet d’entretien, des diagnostics, des procès-verbaux et des données comptables.

Pour préparer cette phase en amont, vous pouvez demander un devis gratuit pour changer de syndic et détailler la situation de la résidence. Plus le candidat connaît les dossiers en cours avant son élection, moins il risque de découvrir un dégât des eaux historique caché derrière un classeur baptisé « divers ».

En cas de documents manquants, le nouveau syndic ou le président du conseil syndical peut adresser une mise en demeure à l’ancien gestionnaire. Si celle-ci ne produit aucun résultat, une procédure en référé peut être engagée afin d’obtenir la remise des pièces sous astreinte.

Ne pas confondre non-renouvellement et résiliation anticipée

Attendre l’échéance du contrat et refuser son renouvellement ne demande aucun motif. La résiliation anticipée suit une logique différente : elle intervient avant la date de fin du mandat et doit reposer sur des manquements suffisamment graves.

L’absence d’ouverture d’un compte bancaire séparé, le défaut de paiement des fournisseurs, la non-exécution de travaux urgents ou votés et l’absence de souscription d’une assurance obligatoire peuvent justifier cette démarche. Une relation tendue, une réponse sèche ou un désaccord isolé ne suffisent pas.

Le conseil syndical adresse alors au syndic une demande motivée d’inscription de la résiliation à l’ordre du jour. Son président peut demander la convocation d’une assemblée générale. Le syndic dispose de deux mois à compter de la première présentation de la lettre recommandée pour la convoquer. En cas d’inaction, le président du conseil syndical peut prendre le relais.

L’assemblée vote la résiliation à la majorité absolue et désigne, lors de la même réunion, le nouveau gestionnaire. Une rupture jugée abusive peut conduire le syndicat des copropriétaires à verser des dommages et intérêts correspondant notamment aux honoraires que l’ancien cabinet aurait perçus jusqu’au terme prévu. Si le dossier paraît litigieux, un avis juridique préalable évite une facture salée servie avec le café de l’assemblée.

Questions fréquentes

Un seul copropriétaire peut-il proposer un nouveau syndic ?

Oui. Tout copropriétaire peut demander l’inscription d’un projet de contrat à l’ordre du jour. Il doit transmettre au syndic le projet de résolution et le contrat du candidat assez tôt pour que ces documents soient annexés à la convocation. Le conseil syndical n’a donc pas le monopole des propositions.

Peut-on changer de syndic lors de n’importe quelle assemblée générale ?

Le remplacement peut être voté lors d’une assemblée ordinaire ou extraordinaire, sous réserve que les candidatures et leurs contrats figurent dans la convocation. Pour un simple non-renouvellement, l’assemblée doit être organisée dans les trois mois précédant la fin du mandat. Une résiliation avant terme exige des manquements suffisamment graves.

Faut-il prévenir le syndic que les copropriétaires souhaitent le remplacer ?

La demande d’inscription des nouvelles candidatures l’en informe nécessairement. En fin de mandat, vous n’avez pas à justifier le choix de ne pas renouveler son contrat. La courtoisie peut apaiser la transition, mais elle ne remplace aucune formalité.

Le syndic peut-il refuser d’ajouter une candidature à l’ordre du jour ?

Non, s’il reçoit une demande régulière accompagnée des pièces requises. Il ne lui appartient pas de juger si la candidature lui paraît opportune. Une demande arrivée après la préparation de la convocation peut toutefois être reportée à la réunion suivante.

Combien de contrats faut-il présenter ?

La mise en concurrence suppose plusieurs projets, mais aucun nombre universel n’est imposé dans toutes les situations. Deux ou trois offres bien étudiées donnent généralement une lecture plus riche du marché qu’une pile de dix contrats survolés la veille de l’assemblée.

Le syndic sortant peut-il facturer la transmission des archives ?

La remise des documents au successeur relève de ses obligations lors du changement de gestionnaire. Les copropriétaires doivent examiner avec soin toute facturation qui ne correspondrait pas aux règles du contrat type ou aux prestations légalement facturables.

Que se passe-t-il si le nouveau syndic ne reçoit pas les documents ?

Il doit réclamer les éléments manquants et peut mettre l’ancien gestionnaire en demeure. Après une mise en demeure infructueuse, le nouveau syndic ou le président du conseil syndical peut saisir le président du tribunal judiciaire en référé pour obtenir la remise des pièces et informations sous astreinte.

Peut-on choisir un syndic bénévole à la place d’un cabinet ?

Oui. La copropriété peut élire comme syndic bénévole une personne physique propriétaire d’un ou plusieurs lots dans l’immeuble. Sa candidature doit figurer à l’ordre du jour et obtenir la majorité absolue. Avant ce choix, mesurez toutefois la charge de travail, les connaissances comptables disponibles et la capacité du candidat à gérer les tensions ordinaires de la copropriété — notamment celles qui naissent mystérieusement autour des poubelles et des places de stationnement.

article écrit par Michaëla Aven

Passionnée d’architecture, je voyage les yeux grands ouverts et l’esprit curieux. Chaque ville un musée à ciel ouvert où les façades montrent leur histoire, où les lignes, matières et volumes dialoguent avec la lumière. J’aime observer les détails que l’on ne remarque pas toujours au premier regard : corniche sculptée, jeu d’ombres sur un mur moderne, porte ancienne patinée par le temps. Voyager, c’est découvrir le monde à travers ses bâtiments, comprendre les cultures à travers leurs formes et leurs espaces. Mon regard s’attarde, analyse, s’émerveille — car pour moi, l’architecture n’est pas qu'un décor, c’est une émotion.