Au début, tous les cartons se ressemblent. Un rectangle brun, quatre rabats, un peu d’adhésif et l’affaire paraît réglée. Cette impression tient jusqu’au moment où vous soulevez un carton rempli de livres et sentez le fond commencer à plier. Ou jusqu’à cette seconde désagréable où vous découvrez qu’un grand carton plein de vaisselle est devenu presque impossible à porter sans le serrer contre vous comme un coffre-fort.
Le choix des emballages mérite donc davantage d’attention qu’on ne lui en accorde généralement. La taille, l’épaisseur du carton ondulé, la présence de poignées ou de croisillons et même la forme du contenant influencent directement la manière dont vos affaires traverseront le trajet.
Tous vos objets n’ont pas besoin du même emballage. Et, curieusement, le plus gros carton n’est presque jamais celui qui rend le plus service.
Le carton standard, celui que vous utiliserez partout
Le carton de déménagement classique tourne généralement autour de 50 à 60 litres. Ses dimensions varient selon les fabricants, mais le principe demeure identique : assez spacieux pour accueillir plusieurs objets, assez compact pour être transporté seul sans grimacer dès les premières marches de l’escalier.
Il convient aux vêtements pliés, aux casseroles, aux jouets, aux chaussures, aux petits appareils ménagers ou encore aux objets décoratifs peu fragiles. On finit généralement par en utiliser beaucoup, parfois bien davantage que prévu.
Évitez toutefois de le remplir avec une seule catégorie très lourde. Un carton entier de livres ou de dossiers administratifs devient rapidement pénible à déplacer. Le piège est classique : tant qu’il repose au sol, tout semble raisonnable. Au moment de le prendre par-dessous, vous comprenez votre erreur.
Si vous recherchez des conseils pour préparer vos cartons avant un déménagement, gardez surtout cette règle en tête : répartissez le poids. Un fond composé de quelques objets denses peut être complété par du linge, des coussins ou des textiles légers. Vous obtenez alors un colis stable sans fabriquer un bloc de trente kilos que personne n’aura envie de porter.
Autre détail qui paraît anodin : choisissez de préférence plusieurs cartons de dimensions proches. Ils se rangent mieux dans un utilitaire et s’empilent avec moins de jeu. Une pile composée de cinq formats disparates ressemble rapidement à une partie de Tetris jouée sur une route pleine de ralentisseurs.
Pour les livres, le petit format gagne presque toujours
Les livres sont trompeurs. Une vingtaine de romans n’occupe pas beaucoup d’espace, mais leur masse se rappelle très rapidement à vos bras.
Les cartons à livres sont donc plus petits que les modèles classiques. Leur volume limité vous empêche presque malgré vous de trop charger. Voilà précisément leur intérêt.
Ils accueillent également très bien les CD, dossiers, classeurs, papiers, petits outils ou objets compacts assez lourds. Leur forme facilite aussi l’empilement, car le contenu s’écrase peu et crée une base relativement rigide.
Essayez malgré tout de combler les vides. Quelques feuilles de papier froissé ou un torchon empêchent les ouvrages de glisser lorsque le carton est déplacé. Pour les beaux livres et les éditions auxquelles vous tenez, évitez le contact direct avec un fond susceptible d’être humide. Une feuille propre de papier kraft ou un morceau de carton plat suffit.
Le scotch mérite également deux passages sous le fond si le chargement est dense. Cela prend quinze secondes. Ramasser trente livres au pied d’un escalier en prend davantage.
Le carton penderie évite de transformer vos vêtements en chiffon
Un carton penderie ressemble à une petite armoire verticale. Une tringle placée dans sa partie haute reçoit directement les cintres.
Le principe peut sembler luxueux lorsqu’on le découvre. Puis vous essayez d’y placer manteaux, vestes, robes et chemises sans les plier, et vous comprenez rapidement pourquoi ce format existe.
Vous décrochez les cintres de votre armoire, vous les suspendez dans le carton, vous fermez. Dans le nouveau logement, l’opération se fait en sens inverse. Pas besoin de replier chaque pièce, de remplir des sacs ou de repasser une dizaine de chemises arrivées complètement froissées.
Gardez toutefois les cartons penderie pour les vêtements qui le justifient. Les tee-shirts, pulls ou pantalons pliés prennent beaucoup moins de place dans des emballages ordinaires. Une penderie en carton utilisée pour trois sweats et deux jeans transporte surtout… de l’air.
Ces modèles accueillent aussi quelques accessoires légers dans leur partie basse. Des chaussures dans leur boîte, par exemple. N’y glissez pas un carton de livres sous prétexte qu’il reste un espace libre : le fond n’est pas conçu pour ce genre de charge.
La vaisselle réclame une structure différente
Les cartons pour verres et assiettes comportent souvent des croisillons intérieurs. Chaque verre dispose de sa propre cellule. Les chocs entre pièces deviennent beaucoup plus rares.
Pour les verres à pied, cette organisation est franchement appréciable. Même bien entourés de papier, des verres placés ensemble dans un grand carton finissent fréquemment par s’entrechoquer. Le camion tourne, freine, prend une plaque d’égout un peu sèche, et tout le contenu bouge.
Les assiettes gagnent à être placées verticalement plutôt qu’empilées à plat. Elles supportent mieux les vibrations lorsqu’elles reposent sur leur tranche, à condition d’être séparées par une protection souple.
Vous pouvez utiliser du papier d’emballage, du papier kraft, des serviettes, des torchons ou certaines pièces de linge. Le papier journal fonctionne aussi, mais l’encre peut laisser des traces sur la vaisselle claire. C’est le genre de détail auquel on ne pense qu’une fois devant l’évier du nouveau logement.
Une checklist de déménagement à imprimer peut d’ailleurs réserver une ligne spécifique aux cartons fragiles : nombre de colis, pièce de destination et contenu général. Vous évitez ainsi de chercher les verres du quotidien parmi quinze cartons portant simplement la mention « cuisine ».
Double cannelure : pour les objets qui n’aiment pas les compromis
Tous les cartons ondulés n’ont pas la même résistance. Les modèles à double cannelure possèdent deux couches ondulées séparées par des feuilles planes. Ils résistent mieux à l’écrasement et aux charges soutenues.
Ils conviennent aux objets lourds ou délicats : petit électroménager, vaisselle dense, matériel informatique, outils, collections, certains objets décoratifs ou équipements hi-fi.
On les reconnaît généralement à leur paroi plus épaisse. Leur prix dépasse légèrement celui d’un emballage simple cannelure, mais l’écart reste raisonnable si vous les réservez aux affaires qui en ont besoin.
Il serait d’ailleurs absurde d’emballer des coussins dans ce type de caisse. Un carton fin suffit largement. Gardez les parois renforcées pour les objets capables de déformer un carton classique ou pour ceux dont la casse vous laisserait un souvenir assez amer du déménagement.
Les très grands cartons : à utiliser avec retenue
Un carton immense donne envie de tout y mettre. Mauvaise idée.
Plus le contenant est volumineux, plus vous serez tenté de le remplir. Et un énorme carton correctement rempli finit souvent par nécessiter deux personnes pour être déplacé.
Les grands formats fonctionnent mieux avec des objets volumineux mais légers : couettes, oreillers, linge de maison, peluches, abat-jour solides, vêtements épais ou équipements sportifs peu denses.
Ils peuvent également servir temporairement à regrouper des sacs souples ou quelques objets encombrants.
Évitez les livres, la vaisselle, les boîtes de conserve et les outils. Vous obtiendriez un carton théoriquement transportable, mais pratiquement détesté par quiconque devra le descendre du troisième étage.
Les cartons avec poignées ont un vrai intérêt
Deux découpes latérales suffisent à rendre un colis bien plus agréable à manipuler.
Les poignées facilitent les passages étroits et évitent de devoir constamment prendre le carton par-dessous. Dans un escalier, leur intérêt saute aux yeux. Vous contrôlez mieux votre prise et gardez le paquet plus près du corps.
Attention toutefois à leur résistance. Une poignée découpée affaiblit légèrement la paroi. Sur un carton trop chargé, elle peut se déchirer. Les poignées sont donc appréciables sur des charges modérées et bien réparties.
Certains modèles renforcent la zone autour de l’ouverture avec plusieurs épaisseurs de carton. Si vous savez que les colis seront beaucoup manipulés, ce détail mérite un coup d’œil avant l’achat.
Vous n’avez pas besoin de vingt formats différents
Le rayon des fournitures de déménagement donne parfois l’impression qu’il faudrait un modèle de carton pour chaque objet de la maison.
Dans la pratique, trois ou quatre catégories couvrent la grande majorité des besoins :
- des cartons standards pour les affaires courantes ;
- des petits cartons pour les objets denses ;
- quelques modèles renforcés ou compartimentés pour le fragile ;
- un ou plusieurs cartons penderie pour les vêtements sur cintres.
Vous pouvez compléter avec deux ou trois grands formats pour le linge volumineux.
Cette simplicité facilite aussi le chargement du camion. Les cartons similaires se calent les uns contre les autres, créent des piles régulières et laissent moins d’espaces perdus.
Un carton réutilisé peut convenir… sous certaines conditions
Récupérer les cartons d’une livraison ou d’un commerce réduit les dépenses. Rien de choquant là-dedans. Certains sont même d’excellente qualité.
Inspectez toutefois leur état.
Un carton ayant pris l’humidité perd une grande partie de sa rigidité. Même sec au toucher, il peut plier au niveau des anciens plis. Les emballages ayant déjà été ouverts plusieurs fois présentent aussi des zones fragilisées.
Regardez les coins, le fond et les arêtes. Si la caisse paraît molle avant même d’être remplie, laissez-la pour les objets très légers.
Les cartons provenant de commerces alimentaires réclament davantage de prudence. Des traces de graisse ou des odeurs persistantes sont rarement agréables lorsqu’on emballe du linge propre.
Autre petite mésaventure fréquente : les anciennes étiquettes. Un carton marqué « chambre » lors d’un précédent déménagement puis réutilisé pour la salle de bains peut déclencher quelques minutes de confusion. Barrez les anciennes indications ou retirez-les.
L’étiquetage vaut presque autant que le choix du carton
Le meilleur emballage du monde devient agaçant si vous ignorez ce qu’il contient.
Écrivez au moins la pièce de destination sur deux côtés et sur le dessus. Vous pourrez ainsi lire l’information même lorsque plusieurs cartons sont empilés.
Ajoutez quelques mots lorsque le contenu mérite d’être identifié rapidement : « cafetière », « draps lit parents », « pharmacie salle de bains », « jouets enfants ».
La mention « fragile » doit apparaître franchement, pas dans un coin minuscule au stylo bille.
Vous pouvez également utiliser des codes couleurs : une pastille bleue pour la salle de bains, verte pour la cuisine, jaune pour une chambre, par exemple. Lorsque plusieurs personnes participent au déchargement, cette méthode évite une pluie continuelle de questions du type « celui-ci va où ? ».
Ne multipliez pas non plus les couleurs au point de devoir consulter une légende compliquée. Six pièces, six teintes. Cela suffit.
Le fond mérite deux minutes de votre attention
La plupart des accidents de carton arrivent par-dessous.
Les rabats sont parfois simplement croisés les uns dans les autres. Cette méthode peut fonctionner pour transporter trois coussins sur dix mètres. Pour un déménagement complet, mieux vaut utiliser un ruban adhésif large.
Fermez la jointure principale, puis renforcez transversalement. Pour un carton lourd, ajoutez une seconde bande parallèle.
Le ruban doit adhérer au carton propre et sec. Sur une surface poussiéreuse ou légèrement humide, il peut se décoller progressivement.
Évitez aussi de créer une boule d’adhésif autour du carton. Trois bandes correctement placées valent mieux qu’un enroulement chaotique digne d’un colis suspect.
Ne remplissez pas chaque centimètre disponible
Un carton plein ne doit pas forcément être tassé jusqu’à présenter un couvercle bombé.
Les rabats supérieurs doivent pouvoir se fermer à plat. Sinon, l’empilement devient instable et la pression exercée sur le contenu augmente.
Comblez les vides sans comprimer. Des serviettes, vêtements, coussins fins ou papier froissé évitent aux objets de se déplacer.
Pour vérifier rapidement votre emballage, soulevez le carton de quelques centimètres puis bougez-le doucement. Si vous entendez quelque chose glisser, cogner ou se promener librement à l’intérieur, ouvrez et ajoutez du calage.
Cela semble minutieux lorsqu’on emballe. Cela paraît beaucoup moins minutieux lorsqu’on déballe une lampe en trois morceaux.
FAQ
Combien de cartons faut-il prévoir pour déménager ?
Le nombre varie selon la surface du logement, le nombre d’occupants et surtout votre manière d’accumuler les objets. Un studio très rempli peut réclamer davantage d’emballages qu’un deux-pièces assez épuré.
À titre de repère pratique, une personne vivant dans un studio peut facilement utiliser une quinzaine à une trentaine de cartons. Un logement familial peut en nécessiter plusieurs dizaines. Prévoyez une petite marge : manquer de trois cartons la veille du départ est nettement plus agaçant que d’en avoir quatre inutilisés.
Quelle taille de carton choisir pour les livres ?
Choisissez un petit format, généralement autour de 30 litres ou moins. Vous limitez ainsi le poids total du colis. Les ouvrages doivent être placés à plat ou verticalement sans trop d’espace libre autour d’eux.
Peut-on mettre des vêtements dans des sacs-poubelle ?
Oui, surtout pour des vêtements souples, couettes ou textiles qui ne craignent pas d’être froissés. Les sacs épais peuvent compléter les cartons, mais ils s’empilent mal dans un camion et se percent plus facilement. Évitez-les pour des vêtements auxquels vous tenez beaucoup.
Faut-il acheter des cartons neufs ?
Pas nécessairement. Des cartons récupérés peuvent très bien servir s’ils sont propres, secs et encore rigides. Réservez les emballages les plus solides aux objets lourds ou fragiles.
Comment emballer les verres sans carton spécial ?
Emballez chaque verre séparément avec du papier ou du textile, puis placez-les debout dans un carton compact. Créez des séparations avec des morceaux de carton et comblez soigneusement les espaces libres. Une couche souple au fond et au-dessus du contenu réduit les chocs.
Peut-on remplir un carton jusqu’en haut ?
Oui, à condition que les rabats ferment à plat et que le contenu ne soit pas comprimé. Un carton légèrement rempli mais correctement calé voyage souvent mieux qu’une caisse déformée par un excès d’affaires.
Que faut-il écrire sur les cartons ?
Indiquez la pièce de destination et, si nécessaire, le contenu principal. Ajoutez « fragile », « haut » ou toute indication utile au transport. Inscrivez les informations sur plusieurs faces pour qu’elles restent lisibles lorsque les cartons sont empilés.
Les cartons avec poignées sont-ils plus solides ?
Pas automatiquement. Ils sont surtout plus faciles à saisir. Leur résistance dépend de la qualité du carton et du renforcement autour des ouvertures. Pour des objets lourds, mieux vaut privilégier une paroi épaisse et un fond soigneusement scotché.
Que faire des cartons après le déménagement ?
S’ils sont encore propres et rigides, aplatissez-les et conservez-en quelques-uns pour un futur rangement, un envoi ou un autre déplacement. Vous pouvez également les donner à une personne qui déménage. Les modèles trop abîmés rejoignent la filière de recyclage du papier-carton selon les consignes de votre commune.