Les maisons traditionnelles colorées du quartier Alfama de Lisbonne
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- Dès que l’on pose le pied dans l’Alfama, quelque chose se passe.
- Les ruelles s’enroulent autour de la colline, les façades pastel accrochent la lumière du Tage et les maisons, serrées les unes contre les autres, semblent garder la mémoire de Lisbonne.
- Ici, l’histoire se lit directement sur les murs : azulejos anciens, balcons fleuris, escaliers et toits rouges composent un paysage unique, préservé malgré les siècles.
- L’Alfama n’est pas qu’un quartier coloré ; c’est un fragment de la ville médiévale, un lieu où l’architecture populaire, l’héritage mauresque et la culture du fado se rencontrent encore au quotidien.
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Dès que l’on pose le pied dans l’Alfama, quelque chose se passe. Les ruelles s’enroulent autour de la colline, les façades pastel accrochent la lumière du Tage et les maisons, serrées les unes contre les autres, semblent garder la mémoire de Lisbonne. Ici, l’histoire se lit directement sur les murs : azulejos anciens, balcons fleuris, escaliers et toits rouges composent un paysage unique, préservé malgré les siècles. L’Alfama n’est pas qu'un quartier coloré ; c’est un fragment de la ville médiévale, un lieu où l’architecture populaire, l’héritage mauresque et la culture du fado se rencontrent encore au quotidien.
Un quartier qui a traversé les siècles
Un quartier qui a traversé les siècles
Alfama est l’un des plus anciens quartiers de Lisbonne. Installé sur les pentes qui descendent du château de São Jorge vers le Tage, il forme un tissu urbain antérieur à la Reconquête chrétienne. Plusieurs études de l’Institut d’archéologie de l’Université de Lisbonne confirment que le tracé de certaines rues remonte à la période islamique (VIIIᵉ–XIIᵉ siècle), époque durant laquelle al-hamma ("les bains") désignait ce secteur alimenté par des sources chaudes. Cette ancienneté se ressent à chaque détour de ruelle.
Contrairement à d’autres parties de la ville de Lisbonne, celui d'Alfama a résisté au séisme de 1755. Les historiens de l’urbanisme, notamment José-Augusto França, rappellent que sa topographie accidentée et la densité de ses constructions ont limité l’effet destructeur des ondes sismiques. Cet événement explique pourquoi le quartier a conservé un aspect médiéval unique dans la capitale.
Des façades pastel et des toits rouges emblématiques
Des façades pastel et des toits rouges emblématiques
Les maisons d’Alfama se reconnaissent immédiatement à leurs façades pastel (bleu, rose, jaune, vert) et à leurs toits de tuiles rouges. Cette palette résulte en partie d’une tradition lisboète ancienne : on utilisait des pigments minéraux peu coûteux et résistants à la lumière, comme l’ocre ou la chaux teintée.
Selon les travaux du Centro de Investigação em Arquitetura da Universidade Lusíada, la couleur servait également à donner une identité aux micro-quartiers et à préserver une ambiance lumineuse dans un tissu urbain très étroit. Dans ces rues parfois si resserrées que deux voisins peuvent se serrer la main d’une fenêtre à l’autre, la clarté apportée par les teintes pâles est quelque chose de précieux.
L’influence populaire : un habitat modeste mais ingénieux
L’influence populaire : un habitat modeste mais ingénieux
À partir du XVIᵉ siècle, l’expansion de Lisbonne déplace le centre économique vers l’ouest et Alfama devient un quartier populaire. Les pêcheurs de la Ribeira, les artisans et les ouvriers y trouvent des logements à prix plus abordables. Cette histoire sociale explique la morphologie des habitations : petites parcelles, escaliers extérieurs, cours minuscules transformées en petits patios.
Les chercheurs du Museu de Lisboa rappellent que beaucoup d’immeubles ont été augmentés étage par étage selon les besoins des familles, créant une silhouette irrégulière, presque improvisée. Les célèbres miradouros (belvédères) qui ponctuent le quartier (Santa Luzia ou Portas do Sol) montrent bien cette superposition de volumes. Depuis ces belvédères, on comprend mieux comment les maisons s’accrochent à la pente. Les toits semblent se chevaucher comme des gradins naturels tournés vers le fleuve. Chaque miradouro offre ainsi une lecture à ciel ouvert de l’architecture populaire d’Alfama.
Des azulejos partout : une signature lisboète
Des azulejos partout : une signature lisboète
Les maisons traditionnelles d’Alfama doivent aussi leur charme aux azulejos, ces carreaux de faïence dont l’usage se développe au Portugal à partir du XVIᵉ siècle. Dans ce quartier, l’azulejo n’est pas uniquement décoratif. Une étude du Museu Nacional do Azulejo rappelle qu’il protège les murs de la pluie, du vent et du sel provenant du Tage, tout en facilitant l’entretien des façades.
Dans Alfama, on rencontre trois grands types d’azulejos :
- Les motifs géométriques hérités de l’art mudéjar.
- Les carreaux baroques du XVIIᵉ siècle, souvent bleu et blanc.
- Les compositions du XXᵉ siècle, parfois inspirées de l’Art nouveau, faites lors de ravalements.
Cette coexistence de styles explique la richesse visuelle du quartier, où chaque maison semble parler d'un chapitre de l’histoire décorative portugaise. Quand on s’y promène, le regard glisse sans cesse d’un motif à l’autre, comme dans un livre ouvert. Les habitants eux-mêmes évoquent souvent la fierté qu’ils ressentent pour les façades en azulejos de Lisbonne, tant elles s’inscrivent dans leur identité quotidienne.
Le rôle des fleurs, des balcons et de la vie de voisinage
Le rôle des fleurs, des balcons et de la vie de voisinage
Les façades colorées sont encore rehaussées par des balcons en fer forgé typiques de Lisbonne. Ces structures, souvent fabriquées par des ateliers locaux au XIXᵉ siècle, constituaient un marqueur social : les familles plus aisées ajoutaient des grilles finement ouvragées ou des jardinières.
Aujourd’hui, les fleurs en cascade (géraniums, bougainvilliers, lierres) font partie intégrante de l’image d’Alfama. Selon les enquêtes menées par la municipalité dans le cadre du programme Bairros e Zonas de Intervenção Prioritária, ces plantations servent autant à embellir les façades qu’à créer du lien entre voisins, qui s’échangent boutures et conseils d’entretien.
Elles jouent également un rôle climatique en apportant un peu d’ombre et de fraîcheur aux rues et ruelles étroites de cette zone. On remarque d’ailleurs que certaines familles entretiennent les mêmes jardinières depuis plusieurs générations, contribuant à donner au quartier son atmosphère.
Un urbanisme fait pour être vécu à pied
Un urbanisme fait pour être vécu à pied
L’étroitesse des rues d’Alfama reflète une logique médiévale de protection contre le soleil et le vent. Une étude de l’Instituto Superior Técnico montre que la largeur moyenne de certaines ruelles ne dépasse pas 1,50 mètre, ce qui contribue à maintenir la fraîcheur en été.
Ces "becos" et "escadinhas" forment un labyrinthe où l’on se déplace quasi exclusivement à pied. Ce caractère piéton rend les façades encore plus présentes : on les observe de près, on distingue les fissures, les carreaux d’origine, les restaurations récentes. On perçoit alors tout ce qui fait la vie du quartier d'Alfama, même dans les plus petits détails. La rue devient un espace partagé où l’architecture se lit à hauteur d’homme. Cette proximité crée une relation intime avec les bâtiments et maisons.
Fado et architecture : un paysage culturel
Fado et architecture : un paysage culturel
Le fado est né dans des maisons semblables à celles qui bordent les ruelles d’Alfama. Les salles exiguës, les plafonds bas et les murs recouverts d’azulejos offrent une acoustique douce, presque feutrée, qui convient à cette musique intimiste. Les chercheurs comme Rui Vieira Nery rappellent que l’architecture du quartier a façonné l’expression même du fado : dans ces espaces clos, la voix n’a pas besoin de puissance, mais d’émotion. Les chanteurs s’installent à quelques mètres seulement du public, perpétuant la tradition des soirées où les habitants se réunissaient pour partager leurs histoires en musique.
Aujourd’hui encore, cette relation entre lieu et musique est très forte. Les casas de fado sont souvent installées dans des bâtiments anciens, aux escaliers étroits et aux pièces labyrinthiques qui conservent l’atmosphère du quartier d’autrefois. On y entre comme chez quelqu’un, porté par le parfum du bois ciré et la lueur tamisée des lanternes. Dans ce décor, les maisons accompagnent le chant, amplifient les silences, et donnent au fado cette dimension enracinée dans la vie quotidienne d’Alfama.
Préservation et enjeux contemporains
Préservation et enjeux contemporains
Depuis les années 1990, le quartier Alfama bénéficie de programmes de restauration publique. La municipalité s’appuie notamment sur les recommandations de l’UNESCO, même si le quartier n’est pas classé à lui seul (c’est l’ensemble du centre historique de Lisbonne qui est inscrit depuis 1983 pour son patrimoine manuelin et pombalin). Les enjeux actuels portent sur :
- La conservation des azulejos, menacés par le vol et le remplacement massif.
- Le maintien des habitants historiques, face à la pression touristique et à la location saisonnière.
- La restauration des couleurs d’origine, documentée grâce aux archives du début du XXᵉ siècle.
Plusieurs associations locales, comme SOS Azulejo, œuvrent pour préserver ces maisons colorées et transmettre leur histoire. Elles organisent des ateliers, des campagnes de sensibilisation et des relevés photographiques pour documenter les façades menacées. Leur travail permet aussi d’alerter la municipalité en cas de dépose illégale d’azulejos. Grâce à ces différentes actions mises en place, une partie du patrimoine d’Alfama continue d’être protégée malgré les pressions immobilières.
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