Bolwoningen : des habitations sphériques insolites aux Pays-Bas
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- Vous marchez le long d’un canal, dans un quartier résidentiel tranquille de Bois-le-Duc.
- Tout est très néerlandais : digues, pistes cyclables, arbres bien alignés.
- Et puis, au détour d’une allée, vous tombez sur une série de “boules” blanches posées sur des socles.
- Des fenêtres rondes, comme des hublots.
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Vous marchez le long d’un canal, dans un quartier résidentiel tranquille de Bois-le-Duc. Tout est très néerlandais : digues, pistes cyclables, arbres bien alignés. Et puis, au détour d’une allée, vous tombez sur une série de “boules” blanches posées sur des socles. Des fenêtres rondes, comme des hublots. On dirait des maisons sorties d’un croquis de designer. Ce n’est pas un décor ni une installation temporaire : ce sont de vraies habitations, regroupées sous un nom direct, Bolwoningen, littéralement “maisons-boules”.
Où se trouvent les Bolwoningen ?
Où se trouvent les Bolwoningen ?
Les Bolwoningen se situent dans le quartier Maaspoort, au nord de Bois-le-Duc, près d’un canal. L’ensemble compte 50 maisons sphériques regroupées sur un même secteur, ce qui donne un effet “mini-quartier”. Vu de loin, la répétition des différents volumes ronds crée une silhouette très lisible dans le paysage plat. Et quand vous êtes au pied des maisons, c’est surtout le contraste qui frappe : la sphère blanche, posée sur un fût, à côté d’un urbanisme de lotissements plus classique.
Une réponse aux années de pénurie de logements
Une réponse aux années de pénurie de logements
Pour comprendre pourquoi ce projet a pu voir le jour, il faut revenir au contexte néerlandais de l’après-guerre, puis des décennies 1960-1970. La population augmente, la demande de logements suit, et les villes étendent leurs quartiers périphériques. Bois-le-Duc, comme d’autres, cherche des terrains et construit vite. Sauf que cette production rapide finit par être critiquée : trop répétitive, trop standard.
L’État néerlandais ouvre alors des financements pour tester d’autres façons de bâtir. Dans ce cadre, Bois-le-Duc lance plusieurs projets expérimentaux, et les maisons sphériques apparaissent comme l’un des derniers essais du programme local, avec une réalisation datée de 1984 dans les archives de la ville.
Dries Kreijkamp : défenseur de la forme ronde
Dries Kreijkamp : défenseur de la forme ronde
Le nom à retenir est Dries Kreijkamp. Il n’arrive pas avec un “style” à plaquer sur une façade ; il arrive avec une conviction : l’humain n’est pas forcément fait pour vivre dans une boîte, et la forme ronde aurait quelque chose de plus naturel pour l’habitat. Les sources néerlandaises qui parlent du projet insistent sur cette idée de “forme originelle” et sur le fait que le projet s’inscrit dans une logique d’expérimentation publique. Kreijkamp est présenté comme artiste et architecte dans plusieurs récits, ce qui colle bien au résultat : une proposition habitable, mais aussi une proposition visuelle très assumée.
Comment une “maison-boule” est construite ?
Comment une “maison-boule” est construite ?
Techniquement, une Bolwoning est une sphère posée sur un socle cylindrique. Les documents de synthèse décrivent une coque en béton renforcé de fibres de verre (GFRC), avec une fabrication en éléments préfabriqués. L’intérêt de cette méthode, à l’époque, est de produire en atelier, transporter, monter sur site. Certaines sources indiquent que l’assemblage pouvait se faire en une journée une fois les éléments prêts, ce qui donne une idée du niveau de préfabrication visé. Ce n’est pas anodin : on est dans une période où l’industrialisation du logement est vue comme une piste pour absorber la demande.
Les dimensions et l’organisation intérieure
Les dimensions et l’organisation intérieure
Sur le papier, chaque maison offre environ 55 m², avec une sphère d’environ 5,5 m de diamètre. L’espace se répartit sur trois niveaux : une zone basse souvent dédiée au sommeil, un niveau intermédiaire pour la salle d’eau, et un niveau haut pour la pièce de vie. L’accès se fait par un escalier central, ce qui libère les parois, mais impose aussi une circulation verticale marquée. Autre élément très visible : les fenêtres circulaires. Elles ne sont pas là pour faire uniquement joli ; elles servent aussi à cadrer des vues sur l’extérieur et à amener la lumière là où un plan rectangulaire placerait des baies classiques.
Si vous avez déjà essayé d’aménager une pièce mansardée, vous voyez l’idée : la géométrie dicte vos meubles. Ici, ce n’est pas la pente du toit, c’est la courbure des murs. Tout ce qui est “droit” (armoires, lits, plans de travail) demande d’être pensé autrement, placé au centre, ou adapté. C’est l’un des points qui rendent les Bolwoningen intéressantes : elles obligent à interroger l’évidence du plan rectangulaire.
Pourquoi une sphère ?
Pourquoi une sphère ?
Dries Kreijkamp défend également l’idée que la forme ronde peut limiter certaines pertes de chaleur, puisque la sphère offre un rapport surface/volume favorable en théorie.
Des textes de présentation reprennent cette intention de faible consommation et de maintenance réduite, en lien avec les matériaux et la forme. Sur le plan strictement géométrique, l’argument se tient : moins de “coins” et une enveloppe continue peuvent réduire certaines zones froides. Mais une intention n’efface pas les contraintes : ponts thermiques au niveau du socle, points singuliers autour des ouvertures circulaires, jonctions de matériaux. À l’échelle d’un logement, ce sont ces détails qui font le confort.
Sans entrer dans des calculs compliqués, la performance d’une maison ne se joue pas que sur l’épaisseur de l’isolant. La forme et la compacité comptent, tout comme les jonctions. Les Bolwoningen ont eu ce mérite : poser ces questions dans des maisons où l’on vit, pas dans un modèle réduit posé sur une table.
Un quartier qui attire les curieux, sans être un musée
Un quartier qui attire les curieux, sans être un musée
Les Bolwoningen sont fréquemment décrites comme une curiosité architecturale. Des médias et sites d’architecture les présentent comme un “quartier insolite”, parfois même comme l’un des ensembles résidentiels les plus inhabituels à visiter. Mais il faut garder un point en tête : ce sont des habitations occupées. Vous pouvez les observer depuis l’espace public, sentir l’ambiance du site, lire le paysage urbain. En revanche, l’intérieur n’est pas une exposition permanente à observer. Cette frontière fait partie de l’éthique du lieu : l’architecture se regarde aussi dans son usage, et l’usage suppose l’intimité.
Imaginez un habitant qui sort son vélo, qui ferme sa porte, qui traverse l’allée. L’architecture insolite redevient un décor d'actions ordinaires. C’est le meilleur test pour un projet expérimental : est-ce que quelqu’un a envie d’y vivre, jour après jour, sans se sentir vivre dans un concept ?
Les Bolwoningen, reflet des années 1970-1980
Les Bolwoningen, reflet des années 1970-1980
Les Pays-Bas ont une longue tradition de logement social et de réflexion urbaine, avec des périodes où l’innovation est encouragée par des programmes publics, comme avec les maisons cubes de Rotterdam par exemple. Les Bolwoningen s’inscrivent dans cette logique : tester un type, voir comment il vieillit, mesurer ce que les habitants en font. Les récits locaux relient clairement le projet à une phase où l’on cherche à construire vite, à coût contenu, sans accepter l’uniformité comme fatalité.
C’est aussi une époque où l’on ose des formes atypiques, que l’on pense aux maisons cubiques ailleurs dans le pays ou à d’autres ensembles expérimentaux cités dans la littérature architecturale.
Ce qui est intéressant, c’est la façon dont ces essais architecturaux survivent. Un projet très original peut disparaître s’il est trop fragile, trop coûteux à entretenir, ou s’il devient invivable. Ici, le fait que l’ensemble existe encore, et qu’il soit identifié comme un lieu précis dans la ville, montre qu’il a passé un cap : celui du temps long urbain, où un quartier n’est plus une nouveauté, mais un morceau de quotidien.
Intégrer ce détour à votre visite de Bois-le-Duc
Intégrer ce détour à votre visite de Bois-le-Duc
Bois-le-Duc se visite très bien à pied et à vélo. Les Bolwoningen ne sont pas dans le centre historique, donc l’idéal est de les voir comme un détour : une boucle depuis une journée plus “classique” autour de la cathédrale, des canaux et des rues anciennes. Sur place, l’intérêt n’est pas d’y passer des heures ; c’est de prendre le temps de tourner autour pour les photographier, de regarder la répétition des sphères, la relation au canal, et la façon dont les ouvertures rondes dialoguent avec le paysage.
Si vous aimez photographier l’architecture, vous aurez deux lectures possibles. La première est graphique : alignements, hublots, ombres sur la coque blanche. La seconde est urbaine : comment un objet aussi atypique s’insère dans une trame de quartier, avec ses parkings, ses haies, ses cheminements. Dans les deux cas, vous verrez que l’architecture expérimentale n’est pas forcément réservée aux expositions.
Ce que les Bolwoningen montrent de l’habitat
Ce que les Bolwoningen montrent de l’habitat
Les Bolwoningen ne sont pas une solution universelle au logement. Elles ne cherchent pas à l’être. Elles montrent plutôt trois choses très concrètes. D’abord, la forme d’une maison change votre manière d’habiter, jusque dans le rangement, la circulation, la lumière. Ensuite, la préfabrication peut servir une ambition architecturale, pas seulement une logique industrielle. Enfin, un projet expérimental peut devenir un quartier normal, avec des habitants, des habitudes et une vraie place dans la mémoire locale.
Si vous aimez repérer les maisons qui sortent du lot sans tomber dans le décoratif gratuit, ce petit ensemble de Den Bosch vaut le détour. Vous n’y trouverez pas une leçon toute faite, mais une question bien posée : et si, parfois, changer la forme était une façon honnête de remettre l’habitat à plat ?
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Themes: Pays-Bas
Keywords: Architecte, Insolite
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