Oct 12, 2015
240 Vues

Des maisons figées dans le temps à Chypre

Écrit par

Si vous regardez une carte de Chypre, il y a une ligne qui traverse l’île comme une cicatrice. C’est la zone tampon, une zone de non-droit contrôlée par l’ONU, aussi appelée la « Ligne verte ». Cette zone est un rappel constant que le pays reste physiquement et symboliquement divisé.

La zone est un produit de l’histoire mouvementée de Chypre. Lorsque l’île est devenue indépendante de la Grande-Bretagne en 1960, la tension a explosé entre les communautés chypriotes grecques et turques, s’évaporant dans des conflits politiques et la violence en 1963. Ensuite, les premières troupes de maintien de la paix ont été envoyées dans la capitale et ont efficacement géré la zone.

La situation a dégénéré en 1974, lorsque la Garde nationale chypriote, qui a favorisé l’union avec la Grèce, a organisé un coup d’état et la Turquie a répondu par une action militaire. L’île a été laissé scindée en deux le long de la ligne de cessez-le-feu, et elle l’est encore aujourd’hui.

Des maisons figées dans le temps à Chypre

La zone tampon fait quelques 180 km de long, et est contrôlée par les Casques bleus des Nations Unies. Selon cette force de l’ONU, la Ligne verte fait près de sept kilomètres et demi de large à son point le plus large, et prend environ trois pour cent de l’île.

La zone tampon est plus visible à Nicosie, où il est fréquent de voir des routes bloquées par des murs de béton, des tonneaux et des barbelés. En dehors des zones bâties, la Ligne verte semble plus symbolique. Elle est contrôlée par des checkpoints et des tours de guet, mais n’est pas marquée par un grand mur ou une clôture. Parfois les routes sont bloquées et des villes abandonnés parsèment la route.

Cela peut être un endroit frustrant pour un photographe car la photographie n’est pas permise dans ou le long de la Ligne verte, et il faut obtenir une autorisation spéciale et être accompagné par un observateur de l’ONU pour entrer.

La zone tampon dans le vieux Nicosie est une oasis de calme surréaliste. Des maisons envahies et des magasins abandonnés attendent lentement le long de la route sinueuse et on peut à peine y entendre des sons.

Une description commune de la zone tampon est qu’elle est « figée dans le temps ». Beaucoup de maisons portent les cicatrices de la guerre : des trous de balles, des fortifications de sacs de sable et des positions de tir reflétant à le conflit qui a eu lieu.

maisons figées dans le temps

Beaucoup de magasins donnent l’impression que les propriétaires seront de retour dans 5 minutes. Comme dans cet ancien café où des bouteilles sont restées en place.

les maisons de nicosie

Certains des plus célèbres résidents de la Ligne verte sont des Toyota importées stockés dans un garage souterrain. Elles ont été amenées du Japon, mais les combats ont éclaté avant qu’elles ne soient vendues. Sales et rouillées, certaines ont encore leurs autocollants d’importation et seulement 32 miles au compteur.

toyota nicosie

De même, plus loin dans la ville, l’ancien aéroport international de Nicosie ressemble plus à une scène d’un film d’horreur post-apocalyptique qu’à un terminal de voyage. Un avion de passagers de Cyprus Airways se tient toujours à l’extérieur, il ne volera plus jamais. Selon la Force de maintien de la paix des Nations Unies, ses moteurs ont été dépouillés en 1974 pour permettre à un autre avion de voler.

aéroport abandonné nicosie

Cependant, il y a des lueurs d’espoir pour que l’île soit un jour réconciliée. Le village de Pyla se trouve effectivement dans la zone tampon et ses habitants sont un mélange de Chypriotes greques et turcs. Le petit village montre encore des signes de division, cependant, avec des écoles séparées et un café chypriote grecque face à un café chypriote turque sur la place du village. Le village a un maire chypriote grecque et un adjoint au maire chypriote turc, qui effectuent leur travail dans la zone contrôlée de l’ONU. Les deux sont soucieux de démontrer que Pyla pourrait être un modèle pour le reste de l’île.

Simos Mytides, le maire chypriote grecque a dit : « Il est très facile pour Chypre de se réunir. Voyez comment évolue Pyla depuis 40 ans. Il n’y a aucun problème sérieux et les communautés vivent en paix. Ils jouent aux cartes et au backgammon ensemble et se marient aussi ». Il a admis, cependant, qu’il y avait des tensions dans la communauté, en partie causées par les crises économiques à Chypre et en Grèce.

En dépit de ces problèmes, Nejdet Enver, l’adjoint au maire chypriote turc reste optimiste pour l’île : « Nous devons faire confiance à la prochaine génération pour vivre en paix ». Source.

Enregistrer

Mots clefs de l'article :
·
Catégories de l'article :
Chypre

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *